L'inoubliable Daniel Balavoine

15 septembre 2021

L'intacte mémoire de Daniel (Sud Ouest, 1er novembre 1999)

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FELIX DUFOUR

TOUSSAINT À BIARRITZ

Au cimetière Ranquine de nombreux témoignages rappellent que le chanteur avait aussi élu domicile à Biarritz

« Je suis venue ici vivre pour toi. Sur ton corps à chaque fois je me recueille, jusqu'à ce que je repose près de toi ». Cet ex-voto qui fleurit parmi une soixantaine, à la hauteur de la section 3 de la troisième division du cimetière Ranquine à Biarritz, démontre, si besoin était, que le souvenir de Daniel Balavoine a résisté au temps. Comme aussi la présence en ce samedi après-midi de deux jeunes filles blondes qui se recueillent devant cet étrange tapis de témoignages. Elles semblent être des habituées des lieux, relevant une nouvelle inscription ou contemplant cette bouteille en plastique d'eau de Lourdes qui est venue enrichir les présents.

Répondant au désir de la famille Balavoine, les admiratrices et admirateurs du chanteur tragiquement décédé dans le désert du Ténéré pendant le Paris-Dakar, laissent le marbre blanc de la tombe intact de toute présence de fleurs ou d'autres marques de piété. Une petit ange est niché à l'angle du fronton sur en lettres dorées figure l'inscription : « Daniel Balavoine 5 février 1 952-14 janvier 1 986 ».

SURTOUT L'ÉTÉ

Sur une plaque grise en ardoise, près d'un bouquet de fleurs blanches on peut lire « Le soleil s'est couché avant la fin du jour ». Cette blancheur, contraste avec les autres tombes grise ou marron. Mais Daniel était tellement différent des autres.

Le carré de cinq mètres de côté des ex-votos s'est sérieusement garni depuis quelque temps. Comme dans toutes les amours, il y a des période de doute qui succèdent à la passion. Ce retour de flamme accompagne aussi un artiste qui était tellement en avance sur son époque qu'il en est redevenu à la mode -il aurait détesté cela- Depuis quelques mois en effet, il pleut des adaptations de ses tubes. Liane Foly, en a donné le départ avec une version émouvante de « La vie ne m'apprend rien », avant que « Tous les cris les SOS » retrouve à son tour les délices des premières places du Top.

Ces chansons ne sont pas la seule raison de cette multiplication des hommages. Les cimetières qui se sont hélas remplis de types comme lui ou Coluche qui avaient leur franc parler. Le vide qu'ils ont laissé incitent les nouvelles générations à venir leur faire quelques confidences.

« Sa tombe est très fréquentée l'été. Tout le monde sait qu'il repose ici. Quelques artistes en vacances ou de passage dans la région en profitent pour lui rendre une petite visite » constate Jean-François Beranguer, le conservateur du cimetière.

En cette veille de toussaint, Ranquine a retrouvé ses rituels : les marchands de chrysanthèmes à l'entrée du portail et la toilette que l'on vient accomplir une fois l'an sur les tombes et en sa mémoire.

« Gentilles fleurs, messagères d'amitié, dites-lui que notre coeur ne saurait l'oublier »... peut-on lire aussi...Quand se perdent les pensées, l'avion de Paris décolle de Parme à quelques centaines de mètres avant de passer tout près du cimetière biarrot

Treize ans après sa disparition, on a toujours du mal à admettre qu'on ne verra plus débarquer Balavoine, avec son large sourire et une phrase aigre-douce pour vous faire comprendre que vous faisiez partie de son paysage. Comme l'écrivait son copain JJ. Goldman après sa disparition « C'est comme un feu qui s'éteint pas.... » Sur la Côte Basque, la flamme brûle toujours.

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13 septembre 2021

Daniel le Landais (Sud Ouest 14 janvier 2016)

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JEAN-LOUIS HUGON

Daniel Balavoine, l'artiste des années 1980 dont on pleure aujourd'hui la disparition, survenue il y a trente ans, au cours du rallye Paris-Dakar 1986, avait des racines landaises. Son père, Émile, était fils d'une famille originaire du Berry qui s'était installée à Saint-Sever, sans doute au tournant du XXe siècle. Son grand-père, qui portait lui aussi le prénom d'Émile, y était propriétaire d'une gravière et de plusieurs bâtiments situés dans le quartier Bas-du-Pouy, contre l'Adour. À l'époque, c'est dans le lit du fleuve que l'on extrayait le gravier pour les constructions. Après le grand-père, c'est Roland, oncle de Daniel, qui hérita de la gravière et continua à l'exploiter.

Du côté maternel, la famille s'appelait Lamagdelaine. Sa mère, Élisabeth (dite " Malou "), était la fille d'un quincaillier qui tenait un magasin au centre de la commune de Saint-Sever, rue Lafayette.

Le petit Daniel était scolarisé à Pau, où travaillait son père (ingénieur des travaux publics), puis interne au collège Cendrillon à Dax, avant de terminer sa formation au lycée de l'Immaculée-Conception (établissement privé), à Pau, à la fin des années 1960. Mais, durant sa scolarité, il est souvent venu en vacances chez son oncle Roland, à Saint-Sever.

Tout le monde est parti

Surnommé " Bibiche " par la famille, il jouait de la guitare sur la terrasse de la maison familiale, qui dominait l'Adour. On a même pu l'apercevoir quelquefois au bar La Muleta, le rendez-vous des jeunes de Saint-Sever. Sa tante Janine, épouse de Roland Balavoine, a tenu pendant vingt-cinq ans l'orgue de l'abbatiale, où les enfants de choeur de l'époque tournaient les pages de sa partition. Grande musicienne, elle a aussi été professeur de musique et de chant dans les collèges publics de Saint-Sever et de Tartas et a enseigné le piano à des centaines d'élèves landais.

La ville de Saint-Sever n'a pas de rue au nom de l'artiste, mais une maison Daniel-Balavoine, qui abrite l'école de musique locale. Elle a été baptisée ainsi le 22 novembre 2009, après son installation dans l'ancien tribunal d'instance, qui était précédemment le couvent des Ursulines. Le ruban inaugural avait été coupé par Guy Balavoine, le frère du chanteur disparu, venu avec sa fille Mélodie.

Ce choix de la mairie avait été fait pour deux raisons : " Cette école de musique se trouve dans le périmètre du lieu d'habitation de la famille Balavoine, dit Maguy Francès, maire adjointe chargée des affaires culturelles à l'époque. Daniel n'y est pas né, mais nombre de ses frères et soeurs, oui. De plus, c'était une idée de Carole, une jeune Saint-Séverine, musicienne et membre de l'école de musique, qui était une fan absolue de Daniel Balavoine. Et nous avons pensé que son idée était judicieuse. " Aujourd'hui, il n'y a plus de famille Balavoine ni Lamagdelaine à Saint-Sever. Tous les gens qui ont pu côtoyer ou apercevoir le chanteur au quartier Bas-du-Pouy ont déménagé ou sont décédés. Il en va de même des voisins de l'époque. En fin d'exploitation, la gravière Balavoine a été transformée en un commerce de matériaux de construction, qui vient de déménager. Aujourd'hui, le site est devenu une friche commerciale.

Guy Balavoine a été assureur dans la région et avait même acheté une maison à Tercis-les-Bains, non loin de Dax, avant de s'éloigner vers la Côte basque au moment de prendre sa retraite.

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10 septembre 2021

LES 20 ANS DE LA MORT DE DANIEL BALAVOINE (Sud Ouest, 11 janvier 2006)

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Félix Dufour

LES 20 ANS DE LA MORT DE DANIEL BALAVOINE

BIARRITZ. Collégien à Hasparren puis au collège Cendrillon de Dax, musicien prometteur à Pau et basque par goût, il repose au cimetière de Ranquine

Le frère de la Côte

En ce dimanche de janvier, il pleut sur Ranquine, à deux pas de l'aéroport de Parme à Biarritz. Chaque fois qu'un appareil décolle, le visiteur du coquet cimetière biarrot ressent cette impression qu'un morceau de l'âme de Daniel Balavoine s'envole encore et encore pour le Mali ou le Sahel.

Voilà vingt ans que cette tombe de marbre blanc en bout d'allée, bordée de dizaines de plaques, de fleurs et de coquillages, rappelle que le chanteur né le 5 février à Alençon dans l'Orne et tragiquement disparu en hélicoptère le 14 janvier 1986 au-dessus du Ténéré repose pour toujours sur la Côte basque.

Daniel, ancien élève de Cendrillon à Dax, ex-potache de l'Immac de Pau, musicien des Shakes et de Pier Canto à Pau (1959-1969) puis du groupe Présence à Paris, le choriste (avec l'un de ses trois frères, Guy) de Patrick Juvet, le Johnny Roquefort des banlieues de Starmania en 1978, devient « le Chanteur » au tempérament de feu qui de 1978 à 1985 enchaîne les tubes et les coups de gueule.

« Cet endroit avec les colères d'un océan qui gronde et change tous les jours d'apparence me ressemble trop. Ça me tonifie », aimait-il rappeler depuis son duplex acquis à proximité de la plage de la Milady à la sortie de Biarritz.

Les copains d'abord. Dans ces années 60, la famille se partage entre le sud des Landes et Biarritz. Daniel est pensionnaire à l'école d'Hasparren. Jacques Durruty le prend sous son aile. Cet aîné deviendra l'un des meilleurs amis, un grand frère supplémentaire qui s'ajoutera à Bernard, l'aîné, Yves, l'officier parachutiste et Guy l'artiste. Passionné de voitures, Daniel Balavoine s'associera à Jacques Durruty (actuel vice-président de la SASP de l'Aviron Bayonnais), pour monter une concession BMW à Dax.

Le groupe des amis de la Côte s'aggrandit avec Philippe Ducasse, un chirurgien bayonnais, aujourd'hui président de l'Aviron Bayonnais omnisports; Jean Gastine, Jean Fagola, Bimbo, Gérard Puyo, garagiste à Aguilera. « Daniel était un épicurien » se souvient Jacques Durruty. Fidèle en amitié, il adorait la vie. Il aimait nous provoquer aussi. Chaque fois que nous dînions ensemble, il lançait un thème de débat. Et c'était parfois chaud. Nous n'étions pas tout à fait du même bord politique. Il nous est même arrivé de nous fâcher, mais cela ne durait pas longtemps. Très généreux, il tenait à ce que nous participions à ses premières à Paris. »

Heureux. En cette fin du mois de décembre 1985, Daniel Balavoine était un homme heureux : son dernier album, « Sauver l'amour », élaboré comme un artisan sur son ordinateur, faisait un carton. Avec un premier tube, « l'Aziza » (Chérie) qu'il avait dédié à Corinne, sa femme d'origine marocaine. Elle lui avait donné un petit Jeremy et attendait une fille Joanna, qui ne connaîtra jamais son père.

Le chanteur avait un grand projet en tête avant ce foutu Dakar. « Je pense que mon album s'est installé dans la durée. D'ici cet été je vais constituer un groupe avec Peter Gabriel et des musiciens français, dans lequel mon nom n'apparaîtra pas. Je veux montrer qu'il n'y a pas que les Anglais qui ont le monopole de la création. On s'en reparlera cet été. »

Quinze jours plus tard, ces promesses firent place aux larmes. Sur la place Sainte-Eugénie de Biarritz bondée d'admirateurs le visage grave, Bob Geldof, organisateur des concerts de Live Aid, Jean-Jacques Goldman, Michel Berger et France Gall, tout un aréopage de figures du show biz était venu saluer l'artiste. Les haut-parleurs diffusaient depuis l'intérieur de l'église « Un enfant assis attend la pluie ». A défaut de pluie, les larmes redoublèrent dans l'assistance.

Il fut en revanche plus difficile d'obtenir un lieu rappelant sa mémoire à Biarritz. Suite à la vive tirade du chanteur à l'endroit des anciens combattants après l'attentat du Drakkar au Liban où se trouvait son frère Yves, le maire de l'époque Bernard Marie subit beaucoup de pression pour rester discret sur le sujet. C'est Jakes Abeberry, l'adjoint à la culture de son successeur Didier Borotra, qui décida d'appeler une maison pour tous Maison Daniel-Balavoine. Elle restera pour témoigner, semblable, comme le chantait Goldman, à « Un petit feu qui ne s'éteint pas ».

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« Cet endroit avec les colères d'un océan qui gronde et change tous les jours d'apparence me ressemble trop », disait-il de Biarritz

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08 septembre 2021

Destin brisé d'un homme engagé (Souvenirs, souvenirs, 2016)

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(Souvenirs, souvenirs, 2016)

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05 septembre 2021

Balavoine : un doux fort en gueule (Sud Ouest, 16/01/1986)

douxLe «pitchoun » ne reviendra plus à Saint-Sever. Les «Shake's» de Pau ont perdu une nouvelle fois leur chanteur... Daniel Balavoine a trouvé la mort au bout d'une de ses aventures qui lui donnaient la fureur de vivre. Un appétit qu'il venait calmer à Biarritz par de longues promenades avec sa femme et son fils Jérémie. Ce fut la dernière étape qu'il effectua au début de l'année, avant son ultime rendez-vous.

Dernier-né d'une famille de sept enfants, le chanteur a passé son enfance à Saint-Sever, avant de gagner Pau. C'est là qu'il fut atteint par le virus de la musique avec le groupe «les Shake's». Puis, en 1971, il décide de monter à Paris où il mangera son pain noir jusqu'à ce que l'imprésario de Patrick Juvet l'engage comme choriste. Grâce à son talent et à son obstination, il parviendra alors à enregistrer un premier disque et il connaît le succès avec «le Chanteur» en 1978.

FACE A FRANÇOIS MITTERRAND

En quelques années, avec huit albums, et deux passages au Palais des Sports, il était considéré par la profession comme l'un des cinq premiers chanteurs français.

.. Daniel Balavoine était doté d'une sensibilité intense. Il avait chanté «Mon fils, ma bataille». Mais il n'hésitait pas non plus à l'exprimer «dans e show politique». Il avait inauguré cette attitude devant les caméras en face de François Mitterrand au cours d'un débat en 1980. Si cette intervention avait surpris , d'autres déclarations avaient un peu choqué, comme celles qu'il avait lancées aux anciens combattants. Le chanteur avait connu une peur angoissante parce que son frère Yves, officier, se trouvait au Liban lors de l'attentat de Beyrouth.

«Tu sais, disait-il à sa tante de Saint-Sever, j'ai parfois une grande gueule, mais j'ai un coeur gros comme ça...» Souvent, il regrettait ses phrases à l'emporte-pièce, mais elles jaillissaient comme l'éclair. S'il refusait de se justifier, en revanche il s'inquiétait de l'écho médiatique de ses réflexions pour ne pas blesser sa famille. Il ne voulait pas que ces derniers aient pu être peinés par son comportement. Ce garçon vrai et authentique appliquait une ligne de conduite à laquelle il croyait: «je hais le racisme parce qu'il est la démonstration la plus pitoyable de l'intolérance.

» Et pour corroborer cela, il avait écrit une ode à son épouse, juive marocaine : «l''Aziza». Mais aussi pour son fils Jérémie et le deuxième enfant (qu'ils s'apprêtaient à accueillir, a Biarritz') où il avait recréé ses racines et désirait revenir en février. Car, il y a douze jours, il débordait de projets et était heureux. A 33 ans, il avait réussi à imposer sa musique. Au cours d'une de nos rencontres il m'avait dit: «C'est vraiment agréable de se regarder dans une glace sans rougir ou avoir honte». Le destin a brisé le miroir.

Comme il l'avait souhaité, Daniel Balavoine serait inhumé à Biarritz.

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01 septembre 2021

Il luttait intelligemment pour un nouveau monde (Sud Ouest 19 janvier 1986)

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ÉPOQUE « IL LUTTAI T Intelligemment pour un nouveau monde. » Ce père de famille de 45 ans est venu, tiier, ave c d e trè s nombreuse s per sonnes, rendre un dernier hommage au chanteur Daniel Balavoine, au fu nérarium de Nanterre. Les fans ont défilé, silencieusement, dans la chapelle ardente disposée au sous-sol du funérarium, en l'honneur du chanteur, qui s'est tué, mardi soir, dans un accident d'hélicoptère au Mali. Le cercueil de chêne vernis, qui ne porte aucune inscription, est uniquement recouvert des fleurs de la famille.

Le funérarium est un petit bâtiment de briques rouges situé sur la colline du Mont-Valérien. Durant toute la journée, c'est une longue procession d'hommes et de femmes qui ont gravi et descendu la longue route qui mène à la chapelle ardente. Les visiteurs ont inscrit, sur les deux registres prévus à cet effet, quelques mots pour exprimer leur amitié, leur amour, leur admiration. Daniel Balavoine était pour beau coup d'entre eux le porte-parole d'une génération. Des admirateurs de tous les âges Plus de six mille admirateurs ont défilé hier silencieusement devant le cercueil de Daniel Balavoine à Nanterre.

Mais c'est à Biarritz que le chanteur sera inhumé lundi. tions. Le chanteur était pour cette mère de famille un artiste populaire. Il touchait par sa musique, autant cette grand-mère que cette adolescente, sur laquelle il avait en plus une profonde influence. C e père de famille, âgé de 45 ans, considère que Daniel Balavoine était un homme qui est toujours allé au bout de ses idées : « C'est un peu un nouveau Martin Luther King qui vient de mourir. » Un jeune homme de 25 ans approuve, en soulignant que Daniel Balavoine, dans sa musique ou dans ses idées, « n'a jamais fait la moindre fausse note ».

Pour une septuagénaire, les larmes aux yeux, « la mort de Daniel Balavoine est comme la perte de l'un de mes propres enfants. Une telle injustice me fait profondément douter de l'existence de Dieu. J e pense à sa femme enceinte et à ce bébé qu'il ne verra jamais. » Beaucoup d'émotion et de dignité chez la plupart des admirateurs du chanteur. Certains d'entre eux, la gorge nouée, veulent témoigner et ne peuvent trouver leurs mots, trou blés par l'émotion. Une jeune fille de 25 ans, qui sortait du funérarium et descendait, les yeux dans le va gue, la route menant au Mont-Valérien, a été heurtée par une voiture.

Blessée, elle a été transportée à l'hôpital par le S.A.M.U . Daniel Balavoine Biarritz uitime étape UN E VILL E qui, hier, avait du mal à se réchauffer de quelques tristes rayons de soleil, tristes comme les coups de téléphone que nous avons reçu s dans nos rédaction s de Bayonne ou de Biarritz ou dans les radios locales, de jeunes gens ou de jeunes filles qui souhaitaient témoigner de l'affection à leur idole disparue, ou comme ces collégiens d'Anglet qui avaient lancé une col lecte dans leur établissement pour offrir une gerbe.

Une démarche interrompue, car elle n'allait pas dans le sens des derniers désirs du créateur du « J e ne suis pas un héros ». Si, dans le marché central, l'accident tragique était évoqué. Il faut dire que de nombreux Biarrots ressentaient un certain malaise de sa i/oir que leur ville servait de cadre à ces obsèques. Car beaucoup d'entre eux avaient, pour la plupart, sroisé ce garçon simple qui, au détour d'u n parcour s d e gol f à Chiberta, qui le long de la rampe d'une cafétéria, qui dans les rues de a cité.

Un sourire, quelques mots ou un au tographe reçu depuis quelques an nées « au pay s » prennen t au jourd'hui une autre dimension et invitent au partage de la douleur des proches. C'est cette tristesse empreinte de pudeur que l'on perçoit ç à et là, comme chez ces jeunes gens au rayon de disques d'un supermarché, parce que « il n'y avait plus un Balavoine ». Lundi, en l'église Sainte-Eugénie, d'autres aussi l'accompagneront. Nous parlerons d'ami et non de cé lébrité car ce serait faire injure à sa mémoire. La sensibilité du chanteur accueillait de la même manière un vieux copain de l'I.

M.A.C. de Pau ou d'un copain du spectacle ou de la télé... Demain, la station balnéaire se réveillera un peu engourdie pour ac compagner ce jeune chanteur du Sud-Ouest qu'il aimait sincèremen* et souhaitait reposer éternellement près de cet océan généreux et bouillonnant qui lui ressemblait De nombreux témoignages soulignent son courage et sa franchise. O n aime le chanteur pour sa musique, mais aussi pour ses engagements. Un admirateur d'une cin quantaine d'années , qui évoqu e l'action du chanteur en Afrique, dit : « Daniel Balavoine est mort comme il a vécu, au service des autres.

» Une jeune Africaine, parlant de l'action du chanteur aux côtés du mouvement S.O.S.-Racisme, dit que sa dernière chanson l'a profondément émue. « Il m'a donné envie d'être moi-même, d'accepter la différence. Quand o n voit des gens qui luttent pour la dignité des minorités, on se dit que cela vaut le coup de rester en France. » Les admirateurs de Daniel Bala voine ont tous les âges. Ils représentent souvent plusieurs généra- DANIEL BALAVOINE. -- Souvenir du bon temps, en 1984, il posait au milieu des enfants du collège Cendrillon, àDax (40).

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17 août 2021

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14 août 2021

Balavoine, tous les cris (La Voix du Nord, 14 janvier 2016)

tous les cris

4 janvier 1986. Alors que L'Aziza est un des tubes du moment, un de plus au compteur d'un Balavoine plus populaire que jamais, la nouvelle tombe sur les télex. Au cours d'une opération humanitaire pour apporter l'eau dans les villages, Thierry Sabine et Daniel Balavoine meurent dans le crash d'un hélicoptère, en marge du Paris-Dakar. Des pré-ados aux quadras, c'est le choc. Depuis huit ans, Balavoine enchaîne les tubes. Ça commence en 1978 avec son premier tube, Le Chanteur, ce cri de désillusion qui retrace la carrière d'un artiste, de l'envol à la chute. Un titre qui ne ressemble pas tellement à celui d'un débutant. La mélodie accroche, le texte percute, c'est la révélation. Quelques mois plus tard, la déferlante Starmania le propulse définitivement dans la cour des grands et surtout impose cette voix à la tessiture exceptionnelle. Son SOS d'un terrien en détresse reste l'exemple type de la chanson inchantable. Un interprète sans demi-mesure. Et cette force d'interprétation, il a pu la mettre au service de textes très forts, qu'il prenait soin de signer et qu'il posait sur une musique à laquelle il apportait une attention particulière et minutieuse. Soucieux de surprendre et de proposer des sons nouveaux, il est un des premiers à faire de la musique assistée par ordinateur.

Sans concession

Et comme si cela ne suffisait pas, il séduit aussi (autant qu'il énerve, soyons honnêtes) par son engagement : le mur de Berlin, les dictatures d'Amérique du sud, la torture, la famine en Afrique, le combat des pères divorcés, le star system... tout y passe dans sa discographie, avec force et sincérité. Son entourage le confirme, « Daniel était comme ça », un impulsif, colérique parfois, qui ne supportait ni l'injustice ni le silence. Lui-même se disait «invivable », mais ses coups d'éclat sur les plateaux télé, ses prises de position politique et surtout ses engagements humanitaires, ont contribué pleinement à l'inscrire dans le coeur des Français. Dans cette génération des Berger, Cabrel, Souchon, Bashung... Où serait-il aujourd'hui ? Peut-être serait-il la personnalité préférée des Français à la place de Goldman. Ou peut-être aurait-il disparu des écrans radar. Mais fauché en pleine gloire à 33 ans, son destin et son aura se sont figés. Fauché trois mois après la sortie de son dernier album, dont il aurait dit « Si c'est le dernier, ça me va». Fauché avant d'avoir connu sa fille. Fauché avant d'avoir fait ses adieux. Et surtout, malheureusement pour nous tous, fauché avant d'avoir sauvé l'amour.

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09 août 2021

En 1981, Balavoine passait à Ethe (L'Avenir, 14 janvier 2016)

dbnb

Daniel Balavoine, disparu il y a 30 ans jour pour jour, s'est produit une fois en province de Luxembourg. C'était à la Foire d'Ethe le 8 juin 1981.

Daniel JONETTE

C'était au temps où tout Ethe chantait. Un temps que les moins de vingt ans, de trente même, ne peuvent pas connaître. Celui de la célèbre foire de Lorraine et de ses vedettes de la chanson. Comme Johnny, Dutronc et Sardou. Ou Daniel Balavoine en 1981. Le 8 juin précisément, lundi de Pentecôte. Trois jours plus tard, on allait inaugurer officiellement la nouvelle usine Mobil à Latour. Le groupe Téléphone s'apprêtait à enflammer le Blue Note de Rodange. Et l'auteur de ces lignes avait droit, à 14 ans, à sa première véritable sortie. Trois ans après avoir essuyé un douloureux refus parental à l'occasion de la venue de Plastic Bertrand.

En s'offrant Balavoine, Victor Joachim et sa bande, organisateurs de la foire, réussissaient un nouveau coup de maître. En pleine ascension, celui qui allait connaître une fin tragique cinq ans plus tard, venait de triompher à l'Olympia durant cinq jours. C'est dire s'il était attendu par les près de 2 000 personnes qui remplissaient le traditionnel chapiteau réservé aux variétés.

«On a souvent pêché le bon poisson, commente, 35 ans plus tard, Jean-Pierre Paillot, président, après le décès de Victor Joachim, d'une des deux ASBL qui géraient la foire. Victor avait le flair pour ça. Il en discutait avec les jeunes puis établissait une liste de noms.»

Cette année-là, derrière Balavoine, il avait placé Francis Cabrel et Yves Duteil. « On passait souvent par les mêmes imprésarios, se souvient Alain Joachim, le fils de Victor. Constant Defourny et Jos Vanesse. L'année de Balavoine, on avait reçu de mauvaises affiches, elles étaient destinées à un concert de Michel Delpech.»

«Super sympa et très abordable»

L'artiste, lui, ne s'est pas trompé de destination. Il est arrivé à Ethe au beau milieu de l'après-midi, à bord d'un autocar qui emmenait aussi son orchestre, Clin d'oeil, tandis que Victor Joachim faisait, comme à son habitude, les cent pas devant le chapiteau, craignant toujours que la vedette ne soit pas au rendez-vous. «Balavoine était super sympa et très abordable. Très humain aussi, poursuit Alain Joachim. Comme d'autres gens d'Ethe, j'aidais les techniciens à installer la scène (NDLR: sur le podium que Michel Egon avait construit de ses propres mains et qu'on ressortait chaque année). Après le concert, j'ai eu l'occasion de parler avec le chanteur sur les marches de son bus. Il a insisté plusieurs fois pour que je remercie mon père et les organisateurs. Je me rappelle aussi que pour le réglage des balances, il avait repris le célèbre Gaby oh Gaby, d'Alain Bashung.»

Et c'est au piano qu'il a lancé son spectacle dont Léon Thilmany, commerçant local, a conservé quelques extraits sur une cassette VHS. Avec Un autre monde, superbe morceau instrumental et titre de l'album qu'il venait de sortir quelques mois auparavant. Vêtu, comme ses musiciens, d'une salopette bleue façon pilote automobile, le chanteur français a offert à Rabais ce qui fut sans doute l'un des concerts les plus mémorables de l'histoire de la foire. Une heure trente plus tard, juste après avoir reçu des fleurs d'une jeune fan audacieuse montée sur la scène, c'est avec Je ne suis pas un héros qu'il a clôturé son show. Au même moment, l'ensemble du public devait sans doute penser le contraire.

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