L'inoubliable Daniel Balavoine

07 décembre 2016

L'Inoubliable n° 66

couinou66Revue de presse - Daniel Balavoine dans le texte (Le Chanteur) 3,50 euros.

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04 novembre 2016

Balavoine, Berger et Goldman côte à côte

Balavoine, Berger et Goldman côte à côte (Le Figaro) 04/11/2016

FRANCE 3/20H55 - Mireille Dumas retrace le parcours de ces trois grands noms de la chanson française dans un documentaire inédit.

Tout commence par un cliché. «J’ai eu l’idée de ce documentaire en tombant sur une photo amateur, prise le 13 juillet 1985 au stade de Wembley, en Angleterre, raconte Mireille Dumas à propos de son film inédit proposé ce soir par France 3. Ce jour-là, Jean-Jacques Goldman, Daniel Balavoine et Michel Berger assistent, bouleversés, au gigantesque concert caritatif donné en faveur de l’Éthiopie.»

Si Daniel Balavoine et Michel Berger sont déjà très proches -l’aventure Starmania est passée par là-, c’est l’occasion pour eux de sceller une belle amitié avec le dernier nommé, Jean-Jacques Goldman. «Tous trois étaient liés par une admiration réciproque pour le travail de l’autre, mais également par leurs engagements en faveur de causes humanitaires.» Grâce à des archives rares ou inédites, on découvre à quel point les vies de ces trois icônes de la chanson française s’entremêlent. Et pas qu’au sommet du hit-parade. «Même s’ils ont chacun eu une histoire de famille et une enfance différentes, effectivement on les retrouve souvent côte à côte dans leurs engagements, que cela soit pour aider l’Afrique, notamment via Daniel Balavoine, ou pour lutter contre la misère, avec le lancement des Restos du Cœur de Coluche.» Cette histoire trempe aussi sa plume dans le drame puisque deux des membres de ce trio vont disparaître trop tôt. «À quelques années d’intervalle, chacun va reprendre ce que l’autre avait commencé. Ce lien qui se perpétue est très beau.»

Au fil de son récit, Mireille Dumas distille une bande originale où les tubes s’enchaînent. «N’oublions pas qu’ils sont auteurs et compositeurs tous les trois. Et qu’à travers leurs chansons, aussi dansantes soient-elles, on retrouve leurs convictions.» Et leurs messages d’hier résonnent encore avec force en 2016. «C’est fascinant de constater ce parallèle entre la société des années 70-80, avec ses crises et ses violences, et aujourd’hui. Balavoine parlait d’une jeunesse en perdition qui cherche ses repères.»

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11 juillet 2016

L'inoubliable n° 64

couinou64

L'inoubliable n° 64 : Revue de presse, Daniel Balavoine dans le texte (De vous à elle en passant par moi).

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15 février 2016

Numéro 63

couinou63N° 63 : Editorial spécial 30è anniversaire - revue de presse - 30 ans sans Daniel Balavoine (3,50 euros).

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09 décembre 2015

France 3 rendra hommage à Daniel Balavoine

France 3 rendra hommage à Daniel Balavoine le 30 décembre

Publié le Mardi 8 Décembre 2015 - modifié le Mardi 8 Décembre 2015 - 20:15



® Alain Marouani
® Alain Marouani
Le 14 janvier prochain marquera les 30 ans de la disparition de Daniel Balavoine. France 3 propose un film de Didier Varrod mis en scène par Nicolas Maupied, le portrait d’un homme à la fois visionnaire et incroyablement ancré dans son époque.
Daniel Balavoine était un chanteur. Musicien de génie, artiste engagé, héros de son temps, il est devenu l’icône d’une génération qui veut toujours, comme lui, remplacer le besoin par l’envie.
Trente après sa mort, sa musique et ses mots continuent de résonner sur les ondes avec la même actualité. Ancré dans le studio où Daniel Balavoine passa la dernière année de sa carrière, ce film unique  donne pour la première fois la parole à sa fille. 

Joana Balavoine accepte ainsi de parler sans détour de ce père qu'elle n'a jamais connu, et de cet artiste dont elle doit accepter l'héritage.
Les artistes qui témoignent dans ce film forment une véritable caisse de résonance à la carrière météorique et hors norme de l'artiste. Ensemble, ils soulignent l’extrême modernité et contemporanéité du chanteur. 

Une génération de trentenaires issus des musiques d’aujourd’hui : le rap, l’électro pop, et la chanson 2.0, qui, en parlant de Balavoine, parlent de notre époque : 

Christine & the Queens, l’artiste de l’année 2015 qui inscrit Daniel Balavoine tout en haut de son panthéon artistique personnel ;

Les rappeurs Soprano, Youssoupha et Orelsan, qui se réclament tous de l’influence de Balavoine concernant la teneur de ses textes et son engagement politique exprimé en chanson ;

Para One, issu de la nouvelle scène électro française et compositeur des B.O de la réalisatrice Céline Sciamma ;

Cali, qui ne se réclame pas de son univers mais qui a deux points en commun avec le chanteur : « le droit des pères », prolongement de « mon fils ma bataille », et l’engagement militant ;

La grande Sophie enfin, qui a déjà repris ses chansons et qui pourra nous parler de son travail de mélodiste.

Mais il y a aussi celles et ceux qui ont eu la chance de le connaître et de partager du temps avec lui :

Claire Balavoine, sa grande sœur, présidente de la Fondation Daniel Balavoine et qui prolonge sur le terrain de l’engagement sa mémoire ;

Yves Bigot, grand critique rock, qui réalisa beaucoup d’interviews de Balavoine ; 

Monique Le Marcis, programmatrice phare de RTL, qui fut l'une des premières à croire au talent de Balavoine et risqua son emploi pour diffuser sa musique sur les ondes ;

Jean-Michel Boris, directeur général de l’Olympia de 1979 à 2001, qui permit à Balavoine de faire deux des plus grandes scènes de sa carrière ;

Catherine Ferry, amoureuse de jeunesse de Balavoine, qui fut aussi l'un de ses choristes sur la chanson "1, 2, 3" au concours de l'Eurovision en 1976 ;

Alain Marouani, associé d’Eddie Barclay pendant plus de 30 ans et photographe, qui assista à la naissance de l’artiste et réalisa certaines des plus belles photos de Balavoine ;

Lio, qui intègre toute jeune la bande de musiciens formée par Balavoine, Alain Chamfort, France Gall et Michel Berger, auxquels elle voue une grande admiration.

​En quatre chapitres thématiques déclinés autour de la figure du chanteur avec des archives et des chansons, et à travers ces témoignages et les souvenirs d’invités, proches et collaborateurs, le film abordera toute la complexité de l’homme : sa carrière artistique atypique et fulgurante ; sa personnalité visionnaire hors du commun ; son engagement viscéral et sa psychologie désarmante.

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26 novembre 2015

18 chanteurs

Dix-huit artistes chantent Balavoine

Nous avons écouté une partie de l'album qui sortira le 8 janvier de reprises du chanteur disparu il y a trente ans. Nolwenn Leroy, Zaz, Florent Pagny, Raphaël, Christophe... y ont participé.

Éric Bureau | 26 Nov. 2015, 09h40 | MAJ : 26 Nov. 2015, 09h40
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Daniel Balavoine, ici en 1984, est décédé deux années plus tard, à 33 ans. Daniel Balavoine, ici en 1984, est décédé deux années plus tard, à 33 ans.
(AFP.)

Si loin, si proche. Daniel Balavoine est mort le 14 janvier 1986 dans un accident d'hélicoptère au Mali. Il avait 33 ans, son album « Sauver l'amour » était un immense succès, il était au sommet de sa popularité.

Il l'est toujours, populaire. A ce jour, il a vendu 10 millions d'albums et autant de singles. Encore aujourd'hui s'écoulent 50 000 disques par an, ce qui est copieux pour une œuvre riche mais ramassée, huit albums en dix ans.

Pour le trentième anniversaire de sa disparition, en janvier, lui seront rendus de nombreux hommages, émissions télé et radio, un documentaire et une biographie de Didier Varrod, plusieurs livres, un nouveau best of avec trois inédits écrits pour la chanteuse Catherine Ferry et treize titres rares... Un double album de reprises paraîtra le 8 janvier, sous le titre « Balavoine(s) » : 17 chansons par 18 artistes. Ce sera seulement le deuxième en trois décennies. Le premier réalisé en 2000 par Barclay, le label du chanteur, réunissait Aubert, Cabrel, Khaled, Lavoine, Foly, Ségara, Eicher... De cette génération ne reste sur « Balavoine(s) » — dont nous avons écouté la moitié des titres définitifs — que Florent Pagny, qui reprend « La vie ne m'apprend rien ». Des artistes qui ont pu croiser sa route, il y a aussi Christophe, qui illumine « Lucie », grande chanson de 1980, et fait chanter Nolwenn Leroy comme jamais sur « Un enfant attend la pluie », qu'il a lui-même produit.

Un disque fidèle à l'éclectisme du chanteur


Mais « Balavoine(s) » mise surtout sur la génération qui a grandi en l'écoutant : Raphaël livre une version fascinante, sombre et futuriste de « Soulève-moi », Emmanuel Moire se glisse élégamment dans la peau du « Chanteur », Ours fait un tube pop de la méconnue « Si je suis fou », Jenifer s'en tire bien avec « Mon fils, ma bataille », Zaz retrouve l'émotion originelle de « Tous les cris, les SOS ». Le choc est tel que ce sera la première ambassadrice du disque, dévoilé le 7 décembre.

« Balavoine(s) », comme son « s » l'indique, se veut fidèle à l'éclectisme de cet auteur-compositeur-interprète sans égal ni équivalent depuis trente ans, qui avait un pied dans la grande variété française, l'autre dans la pop anglo-saxonne à tête chercheuse, un pied chez Michel Berger, l'autre chez Peter Gabriel.

Soucieux de toucher les plus jeunes, le label Capitol, qui réalise le disque, a aussi fait de la place à ceux qui leur parlent et, c'est de bonne guerre, à ses poulains : Marina Kaye s'attaque à la version anglaise de « SOS d'un Terrien en détresse », « Only The Very Best », qui avait fait un carton en 1992 par la voix du chanteur de Cock Robin. Le Frenchie de la série « Violetta », Damien Lauretta, se lance avec « Quand on arrive en ville », la Belge Cléo avec « Dieu que l'amour est triste »... « Il y a aussi Cats On Trees et Josef Salvat, précise Julien Creuzard, patron de Capitol. Tous d'excellents chanteurs car Daniel Balavoine est très difficile à reprendre. »

Depuis quinze ans, plusieurs maisons de disques se sont cassé les dents sur un tel projet. C'est Capitol qui a obtenu le feu vert de l'avocat des ayant-droits de Daniel Balavoine, Sylvain Jaraud, et de l'éditrice des chansons, Catherine Molko. Une partie des ventes de l'album sera reversée à la Fondation Daniel Balavoine. Sa grande sœur, Claire Balavoine, qui la préside, est ravie : « Tous ces jeunes chanteurs vont permettre à des jeunes Maliens d'accéder à l'éducation. En cette période, c'est d'autant plus émouvant. »

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16 octobre 2015

L'Inoubliable n°62

L'Inoubliable n° 62 est disponible : Editorial sur les hommages prévus en janvier 2016 - Revue de presse - "Les idoles du samedi", 3,50 euros.

couinou62

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14 octobre 2015

L'Aziza a trente ans.

Daniel Balavoine "L'Aziza" fête ses 30 ans mercredi 14 France Soir

Publié le :

Mardi 13 Octobre 2015 - 15:32

Dernière mise à jour :

Mardi 13 Octobre 2015 - 16:44
Diparu de façon tragique, Daniel Balavoine fut et reste un des chanteurs préférés des Français. Sa chanson "L'Aziza", qui rend hommage à sa femme et dénonce le racisme, fête mercredi 14 ses 30 ans.
Le tube "L'Aziza"de Daniel Balavoine fête ce mercredi ses 30 ans.
©Archives Balavoine/Sipa

On se souviendra toujours des paroles fortes de la chanson de Daniel Balavoine, L'Aziza, devenu un incontournable du patrimoine de la chanson française. Sorti en 45-tours le 14 octobre 1985, cette musique, qui figure sur l'album Sauver l'amour, a marqué toute une génération. Par cette chanson, Balavoine rend hommage à sa femme Corinne, juive d’origine marocaine, et dénonce le racisme.

Tout commence le 17 juin 1984. Face à la menace de la percée du Front national un soir d'élections européennes avec 10,95% des voix, le chanteur inquiet du discours xénophobe du parti du Jean-Marie Le Pen se demande alors comment réagir face à cette réalité des plus inquiétantes. "Lorque j'entends +Les immigrés dehors!+, ça me fait peur parce que j'ai peur qu'on l'embarque", avait-t-il confié en 1985 au magazine Numéros 1.

C'est alors qu'il fit le choix de prendre sa plume et d'écrire une chanson dans laquelle il exprime sa colère dans un message de paix. Quand il chante par exemple: "Ta couleur et tes mots tout me va/Que tu vives ici ou là-bas", le chanteur souhaite ainsi la bienvenue aux peuples étrangers sur le sol français.

Une fois dans les bacs, le titre entre au Top 50 le même mois. Disparu quelques semaines plus tard dans un accident d'hélicoptère pendant le Paris-Dakar, le chanteur n'aura toutefois pas la joie de voir l'ampleur du succès de son titre.

Car le choc causé par le décès tragique de Balavoine le 14 janvier 1986 a augmenté considérablement les ventes du single, ce qui lui permettra de se hisser en tête du classement durant huit semaines consécutives et de se vendre à plus d'un million d'exemplaires. Propulsé en boucle sur les ondes, le morceau n'a depuis jamais été oublié.

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08 octobre 2015

Nouveautés

Calogero et Marina Kaye participeraient à un disque hommage à Daniel Balavoine

Un disque de reprises de chansons de Daniel Balavoine devrait sortir en janvier prochain, pour commémorer les 30 ans de la mort du chanteur.

Daniel Balavoine est décédé en 1986
Crédit : STAFF/AFP

Daniel Balavoine est décédé en 1986

Calogero, Marina Kaye ou encore Raphael sont annoncés parmi les artistes qui participeraient à un disque hommage à Daniel Balavoine. C'est en tout cas ce qu'annonce Le Parisien dans son numéro du 7 janvier. Ce disque devrait sortir en janvier 2016, pour commémorer les 30 ans de la mort du chanteur, décédé le 14 janvier 1986 dans un accident d'hélicoptère, au Mali. 


Le Parisien affirme qu'une ribambelle d'artistes ont déjà répondu présents, et cite Calogero, Marina Kaye, Raphael, Benjamin Biolay, Christophe et Nolwenn Leroy. Le quotidien révèle également que un euro sera reversé à l'association Daniel Balavoine, pour chaque album vendu. Cette association s'occupe notamment d'aider au développement agricole et scolaire du Mali, une cause qui était particulièrement chère à Daniel Balavoine. Le Parisien assure également qu'une biographie et un documentaire inédits seront consacrés à l'inteprète de Mon fils, ma bataille.

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01 septembre 2015

L'Aziza (L'Express août 2015)

Aziza, de Daniel Balavoine, onde de choc après la percée du FN

Daniel Balavoine a toujours été inspiré par les femmes (Lucie, Love Linda). Avec L'Aziza, "chérie" en arabe, il mêlait son histoire à un discours universel.

Daniel Balavoine a toujours été inspiré par les femmes (Lucie, Love Linda). Avec L'Aziza, "chérie" en arabe, il mêlait son histoire à un discours universel.

AFP

Au milieu des années 1980, le Front national émerge dans le paysage politique français. Proche de SOS Racisme, Daniel Balavoine réagit en musique. Un cri de colère sous la forme d'une déclaration d'amour pour sa compagne.

Sortie en 45-tours le 14 octobre 1985, L'Aziza a sans doute commencé à creuser son sillon dans l'esprit de Daniel Balavoine un soir d'élections européennes. Le 17 juin 1984, le chanteur de 32 ans assiste épouvanté à la percée du Front national, avec 10,95% des voix. Le discours xénophobe du parti de Jean-Marie Le Pen l'inquiète personnellement. Sa compagne, Corinne, enceinte de leur premier enfant, est juive marocaine. "Lorsque j'entends 'Les immigrés dehors !', ça me fait peur, parce que j'ai peur qu'on l'embarque", confie-t-il, en 1985, au magazine Numéros 1

Petite rue de Casbah 

Au milieu de Casa 

Petite brune enroulée d'un drap 

Court autour de moi. 

Ses yeux remplis de "pourquoi?" 

Cherchent une réponse en moi 

Elle veut vraiment que rien ne soit sûr 

Dans tout ce qu'elle croit. 

Ta couleur et tes mots, tout me va. 

Que tu vives ici ou là-bas 

Danse avec moi. 

Si tu crois que ta vie est là 

Ce n'est pas un problème pour moi 

L'Aziza 

Je te veux si tu veux de moi. 

L'Aziza 

Si tu crois que ta vie est là 

Il n'y a pas de loi contre ça 

L'Aziza [...] 

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Julien Bordier

SDP

De quelle façon agir face à cette menace ? Doit-il s'engager en politique? Quand il était lycéen, à Pau, le jeune Balavoine se rêvait député. Mai 68 l'a laissé dépité. "Comme j'avais été mêlé de près aux événements, j'ai été déçu en voyant arriver les soi-disant révolutionnaires, les Alain Geismar, Jacques Sauvageot, Daniel Cohn-Bendit, raconte-t-il dans l'émission Les Enfants du rock, sur Antenne 2, en 1984. Ils faisaient des tournées en province, comme les chanteurs. On avait une image d'eux absolument extraordinaire et, finalement, quand ils parlaient, on n'entendait que des conneries. Ça m'a complètement démobilisé." Daniel troque ses études contre une guitare. Dix ans plus tard, en 1978, le rebelle connaît son premier succès avec Le Chanteur. Il se voyait au Palais-Bourbon, il investit le Palais des sports. 

Alors Daniel Balavoine fait de la politique à sa manière. Sentimentale et exaltée. Son but : concentrer dans ses chansons des refrains pop, des idées et des émotions. "En homme de son temps, il saisit les événements pour les mettre en perspective, commente Didier Varrod, directeur de la musique sur France Inter, qui prépare pour les 30 ans de la disparition de l'artiste, en janvier 2016, un documentaire et une réédition de son livre Le Roman de Daniel Balavoine (Fayard). Daniel disait : 'Je m'emporte pour ce qui m'importe.' Aujourd'hui, les artistes sont plus dégagés qu'engagés."  

Le show-biz humanitaire prend le micro

Ses textes dénoncent le nazisme et le communisme (Les Aventures de Simon et Gunther), les dictatures (Revolucion), les conditions de vie des femmes (Pour la femme veuve qui s'éveille). La bouille ronde mais le verbe aiguisé, Balavoine peut s'enflammer en plein débat télévisé (1980) contre le premier secrétaire du Parti socialiste. Un certain François Mitterrand. Le garçon est épidermique. "C'était un révolté, rappelle sa soeur aînée, Claire, coauteur de Daniel Balavoine (Flammarion), aujourd'hui à la tête de l'Association Daniel Balavoine, créée en 1986 pour venir en aide aux populations rurales africaines. Il ne trichait pas avec la réalité." 

 

La réalité de l'année 1985 est plutôt explosive : Action directe, affaire Grégory, Rainbow Warrior... Après la déroute aux élections cantonales de mars, le président Mitterrand instaure la proportionnelle pour les législatives de 1986. Ce mode de scrutin, accompagné d'une hausse du nombre de députés, permet à la gauche d'espérer atténuer une défaite annoncée, quitte à laisser entrer le Front national dans l'Hémicycle.  

Face à Jean-Marie Le Pen, qui stigmatise les étrangers, un discours de tolérance se fait entendre. Le 15 juin, l'association SOS Racisme, fondée en octobre 1984, organise la Fête des potes à la Concorde. Deux ans après Saïd et Mohammed, de Francis Cabrel, Michel Berger sort l'album Différences et chante "pour ceux qui sont loin de chez eux, et qui ont dans leurs yeux quelque chose qui fait mal". Jean-Jacques Goldman est en tête des ventes avec Je te donne.  

Le show-biz humanitaire prend le micro. Sur le modèle du groupe anglo-saxon Band Aid, les Chanteurs sans frontières entonnent SOS Ethiopie pour venir en aide aux victimes de la famine. C'est beau comme les affiches United Colors of Benetton, qui font leur apparition cette année-là. 

"Moi, je ne suis pas contre Le Pen. Moi, je suis pour les Arabes"

Et Balavoine dans tout ça? Il est présent à la Fête des potes. La vedette appartient même au comité SOS Racisme de Colombes. Un militant discret, qui trace sa propre ligne. "La mode qui m'agace, en ce moment, c'est la mode de dire : 'On est contre le racisme, on est contre Le Pen' [...], déclare-t-il à Numéros 1. Moi, je ne suis pas contre Le Pen. Moi, je suis pour les Arabes. Ce n'est pas pareil ! Parler de ce que je n'aime pas m'ennuie de plus en plus, et j'ai décidé d'être enfin positif. [...] J'ai préféré passer par le biais d'une chanson d'amour - qu'on pourrait même taxer de biographique, puisque la compagne de ma vie est une jeune femme juive marocaine." 

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Le discours xénophobe du FN en 1985 l'inquiétait pour sa compagne...

Le discours xénophobe du FN en 1985 l'inquiétait pour sa compagne...

G. BENDRIHEM/AFP

L'Aziza, "chérie" en arabe, Balavoine l'écrit d'abord pour Corinne. La petite brune entourée d'un drap, dans une rue de Casa, c'est elle. Le chanteur a toujours été inspiré par les femmes qui l'ont entouré (Lucie, Love Linda). Une fois encore, il mêle son histoire personnelle à un discours universel sur la différence. Ajoutant même une dose de provocation.  

"La chanson est un peu ambiguë, parce que je parle d'étoile jaune [...]. Mais, à la fin, je termine en disant que c'est 'la fille enfant du Prophète roi'. [...] Le Prophète roi, c'était Mahomet, et sa fille s'appelait Fatima. C'est un peu un mélange des deux et ça va peut-être choquer - dans les deux camps d'ailleurs ! Parce qu'il ne faut pas oublier que dans toutes ces histoires de racisme les musulmans et les juifs sont racistes entre eux. Ce que je déplore aussi. Donc, ça tape un peu dans tous les sens [...] : moi, j'aime les gens tels qu'ils sont." Ça sonne comme du Sardou de gauche. 

Côté son, on pourrait le qualifier de Peter Gabriel à la française. Les deux musiciens cherchent à mêler textures électroniques et rythmes du monde. Le Français vient de s'acheter un Fairlight, un clavier qui inclut un ordinateur, avec la possibilité d'utiliser n'importe quel son. Il installe cet ancêtre du sampler chez lui pour mieux le maîtriser. "Il composait d'abord la musique et ensuite les paroles, précise sa soeur Claire. Il était habité par les notes." Enregistré pendant l'été aux Highland Recording Studios, à Inverness, en Ecosse, son huitième album, Sauver l'amour, sort en octobre. Premier single, L'Aziza entre au top 50 le 23 novembre à la 40e place. Le 7 décembre, Balavoine reçoit le prix de la chanson antiraciste à la Fête des potes, au Bourget. 

"Un message de tolérance"

Portée par un clip tourné au Maroc et à Paris, L'Aziza dresse un pont entre les cultures et les générations. "J'aimais la vision du monde de Balavoine en particulier, ses engagements, sa personnalité, raconte le rappeur français d'origine comorienne Soprano dans son autobiographie Mélancolique anonyme (Don Quichotte). Lorsque L'Aziza est sortie, j'ai vu pour la première fois ma mère chanter une chanson à tue-tête. Elle m'avait expliqué qu'elle la touchait beaucoup parce qu'elle traitait de racisme et que le message de tolérance que véhiculait Balavoine était important. Une belle leçon."  

Eric Zemmour, lui, ne fait pas la même lecture. Dans Le Suicide français (Albin Michel), l'essayiste voit en Balavoine "un pionnier des bobos [...] [qui] transforme sa déclaration d'amour en ode antiraciste au mépris des lois et des frontières. Immigrationniste cohérent et convaincu, il rêvait de faire de 'Paris la capitale de l'Afrique'". Dans le même chapitre, Eric Zemmour reproche aussi au chanteur de Mon fils, ma bataille d'avoir contribué à la féminisation de la France... avec la complicité ensuite d'Hélène et les garçons. 

L'Afrique. Balavoine l'a découverte en participant au Paris-Dakar, en 1983. Après deux éditions comme pilote, il s'engage en janvier 1986 dans la caravane avec les Paris du coeur. Le principe : profiter de la logistique de la course pour installer des motopompes dans les villages. "Le showbiz l'appelait tous les jours pour rentrer faire la promo de L'Aziza, se souvient Claire Balavoine. Lui avait décidé de faire son Paris du coeur jusqu'au bout." Le 14 janvier, Daniel Balavoine, Thierry Sabine, le fondateur de l'épreuve, et trois autres personnes sont tués dans le crash de leur hélicoptère en plein désert. 

Le 1er février, L'Aziza atteint le sommet du top 50 et devient le premier n°1 à titre posthume. Vendu à plus d'un million d'exemplaires, L'Aziza est détrônée huit semaines plus tard par Capitaine abandonné, du groupe Gold. Balavoine, lui, brille encore, un peu plus près des étoiles. 


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