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FELIX DUFOUR

TOUSSAINT À BIARRITZ

Au cimetière Ranquine de nombreux témoignages rappellent que le chanteur avait aussi élu domicile à Biarritz

« Je suis venue ici vivre pour toi. Sur ton corps à chaque fois je me recueille, jusqu'à ce que je repose près de toi ». Cet ex-voto qui fleurit parmi une soixantaine, à la hauteur de la section 3 de la troisième division du cimetière Ranquine à Biarritz, démontre, si besoin était, que le souvenir de Daniel Balavoine a résisté au temps. Comme aussi la présence en ce samedi après-midi de deux jeunes filles blondes qui se recueillent devant cet étrange tapis de témoignages. Elles semblent être des habituées des lieux, relevant une nouvelle inscription ou contemplant cette bouteille en plastique d'eau de Lourdes qui est venue enrichir les présents.

Répondant au désir de la famille Balavoine, les admiratrices et admirateurs du chanteur tragiquement décédé dans le désert du Ténéré pendant le Paris-Dakar, laissent le marbre blanc de la tombe intact de toute présence de fleurs ou d'autres marques de piété. Une petit ange est niché à l'angle du fronton sur en lettres dorées figure l'inscription : « Daniel Balavoine 5 février 1 952-14 janvier 1 986 ».

SURTOUT L'ÉTÉ

Sur une plaque grise en ardoise, près d'un bouquet de fleurs blanches on peut lire « Le soleil s'est couché avant la fin du jour ». Cette blancheur, contraste avec les autres tombes grise ou marron. Mais Daniel était tellement différent des autres.

Le carré de cinq mètres de côté des ex-votos s'est sérieusement garni depuis quelque temps. Comme dans toutes les amours, il y a des période de doute qui succèdent à la passion. Ce retour de flamme accompagne aussi un artiste qui était tellement en avance sur son époque qu'il en est redevenu à la mode -il aurait détesté cela- Depuis quelques mois en effet, il pleut des adaptations de ses tubes. Liane Foly, en a donné le départ avec une version émouvante de « La vie ne m'apprend rien », avant que « Tous les cris les SOS » retrouve à son tour les délices des premières places du Top.

Ces chansons ne sont pas la seule raison de cette multiplication des hommages. Les cimetières qui se sont hélas remplis de types comme lui ou Coluche qui avaient leur franc parler. Le vide qu'ils ont laissé incitent les nouvelles générations à venir leur faire quelques confidences.

« Sa tombe est très fréquentée l'été. Tout le monde sait qu'il repose ici. Quelques artistes en vacances ou de passage dans la région en profitent pour lui rendre une petite visite » constate Jean-François Beranguer, le conservateur du cimetière.

En cette veille de toussaint, Ranquine a retrouvé ses rituels : les marchands de chrysanthèmes à l'entrée du portail et la toilette que l'on vient accomplir une fois l'an sur les tombes et en sa mémoire.

« Gentilles fleurs, messagères d'amitié, dites-lui que notre coeur ne saurait l'oublier »... peut-on lire aussi...Quand se perdent les pensées, l'avion de Paris décolle de Parme à quelques centaines de mètres avant de passer tout près du cimetière biarrot

Treize ans après sa disparition, on a toujours du mal à admettre qu'on ne verra plus débarquer Balavoine, avec son large sourire et une phrase aigre-douce pour vous faire comprendre que vous faisiez partie de son paysage. Comme l'écrivait son copain JJ. Goldman après sa disparition « C'est comme un feu qui s'éteint pas.... » Sur la Côte Basque, la flamme brûle toujours.