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L'inoubliable Daniel Balavoine

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21 septembre 2026

Daniel Balavoine, c'était comme mon fils (Télé 7 jours, 1989)

"Daniel, je le considérais comme mon fils », dit Léo Missir, l'homme qui lui a donné sa première chance, en 1976. « A l'époque, j'étais directeur général de toutes les productions artistiques des disques Barclay. Un jour, Florence Albouker me fait écouter l'album que Patrick Juvet venait d'enregistrer à Londres. Au milieu du disque, j'entends une chanson superbe qui n'était pas chantée par Patrick Juvet. Ce qui m'avait frappé surtout, c'était le timbre de voix du chanteur, la beauté de la mélodie. C'était Daniel qui était, à l'époque, l'un des choristes de Patrick Juvet. Florence m'avait averti : « Ce garçon a beaucoup de personnalité et de caractère, il sait ce qu'il veut ». 48 heures après, Léo voit entrer dans son bureau un garçon aux cheveux longs, l'air bougon et sûr de lui : « Je lui dis que j'aimerais que nous travaillions ensemble. « D'accord, me répond-il, à condition d'une part que j'enregistre tout de suite sur 30 cm, et d'autre part, que vous me laissiez libre du choix de mes musiciens et du preneur de son ». Je n'ai pas hésité une seconde. Pourtant, à l'époque, la coutume était de tester d'abord le nouveau chanteur en lui faisant faire simplement un 45 tours. »

Dès le début, Daniel choisit de faire appel comme preneur de son, à Andy Scott qui a réalisé tous ses disques sans exception jusqu'au dernier. « Daniel était l'homme le plus fidèle que j'aie jamais connu. Nous parlions le même langage, celui des musiciens. Je suis pianiste de formation. Dès le départ, Daniel m'avait expliqué qu'il v lait faire de la bonne chanson populaire avec des mots qui sonnaient fort, des sujets qui lui tenaient à cœur. Pour lui, tout tournait autour de l'amour, pas seulement l'amour entre un homme et une femme, mais surtout de l'amour du prochain. Il a toujours eu à cœur de lutter contre l'injustice, que ce soit le racisme ou la pauvreté. Avec lui, mon rôle ne se bornait  plus à permettre à l'artiste d'exister, je suis aussi devenu comme un deuxième père. Il venait souvent dîner à la maison où il a même habité un temps avant de rencontrer Corinne, sa femme. » Léo a même rangé les clichés de Daniel avec toutes ses photos de famille.

« Comme un fils, il menait sa vie de fils ! Il avait ses copains, Berger, Goldman et les autres, que je ne connaissais pas. Ensuite avec Corinne, il avait sa vie de famille. C'est à ce moment-là qu'il a le plus changé.

Lui qui n'aimait pas les mômes, qui ne supportait pas qu'un enfant pleurniche, n'arrêtait pas de parler de Jérémie, de sortir de son portefeuille sa photo pour le faire admirer. Avant, il était en révolte contre la misère de la terre. Le jour où son fils est né, il s'est dit : « Pour moi, je ne peux rien changer, mais pour mon fils, je dois me lancer dans la bagarre pour que le monde devienne meilleur. » Dès le début, Daniel avait programmé sa carrière. Il disait à Léo : « C'est dangereux de faire un tube au début. Il faut commencer à vendre petit pour faire une vraie et longue carrière. » Moi, dès la sortie de son premier album, « De vous à elle en passant par moi », je lui ai prédit que le deuxième se vendrait à plus de 300 000 exemplaires. Si j'avais raison, je coupais ma barbichette vieille de vingt ans, qui, trouvait-il, me vieillissait, sinon je la gardais. Il a bien fallu que je la coupe car « Le Chanteur » s'est vendu à plus d'un million ! Daniel ne s'est jamais laissé étourdir par son succès. Léo se souvient du jour où il a commencé à gagner un peu d'argent : « Il adorait les belles voitures. A l'époque, j'avais une BMW. Il est venu me voir à mon bureau en me demandant : « Pensez-vous – il m'a toujours vouvoyé, moi je le tutoyais – que ça ne ferait pas prétentieux si j'achetais la même ».

« En plus de son talent et surtout de son intelligence, il l'était réellement, quitte à se montrer parfois très mordant, j'admirais chez Daniel son amour de la vie. Il aimait bien manger, il adorait vivre. Il avait beaucoup d'humour. Chaque fois qu'il enregistrait un disque (un tous les ans et demi), nous nous retrouvions tous ensemble avec ses sept musiciens et Andy Scott pendant un mois. » Car Daniel, de même qu'il s'entourait de musiciens les plus compétents, choisissait aussi les studios les plus compétents. « Nous sommes ainsi allés enregistrer à Ibiza, à Londres et en Écosse. Nous travaillions dans la bonne humeur, au gré de notre envie. Ce qui me frappait chez Daniel, c'est qu'il ne faisait ses textes de chansons que lorsqu'il avait enregistré les play-backs. C'était le son qui le guidait. » Un an avant sa mort, Daniel avait convaincu Léo de cesser ses activités chez Barclay.

« Il est grand temps à 60 ans, me disait-il, que tu prennes du bon temps ». Il avait su me persuader. J'avais tout arrêté pour me consacrer uniquement à sa carrière. Deux ans ont passé depuis qu'il n'est plus là mais il n'y a pas un jour où je ne pense à lui... »

Isabelle CAUCHOIS Photos J.-J. Descamps.

 

DES MOTS QUI RÉSONNENT


Sur son dernier 33 tours, on trouve quelques-unes des chansons de Balavoine les plus profondes, montrant, comme il l'a si bien chanté, que « le français est une langue qui résonne. » Il a écrit ainsi « L'amour te porte dans tes efforts. L'amour de tout délie du secret. Et face à tous ceux qui te dévorent. Aimer est plus fort que d'être aimé... »


Dans « Un enfant assis attend la pluie » : « Et les yeux grands ouverts. Délivrés de la nuit. Je sais
que quelque part, un enfant assis attend la pluie. » Et dans « L'Aziza » : « L'Aziza ton étoile jaune c'est ta peau. Tu n'as pas le choix. Ne la porte pas comme on porte un fardeau. Ta force, c'est ton droit. Ta couleur et tes mots, tout me va. Que tu vives ici ou là-bas, danse avec moi... » Chez Barclay, l'intégrale de Balavoine, à quelques chansons près, en onze 33 tours, dix cassettes ou six disques compacts, qui permettent encore mieux d'apprécier la qualité du « son Balavoine ».


Au Club des Stars-Seghers, un livre illustré.

 

IL FAUDRAIT CHANGER LES HÉROS.

Il faudrait changer les héros. Dans un monde où, le plus beau reste à faire », chantait Balavoine dans « Tous les cris, les S.O.S. »...

A chaque époque, ses héros. Daniel l'est devenu avec ses cris, ses S.O.S. qui se sont tus trop tôt. Les héros, ce sont ceux en qui l'on se retrouve et surtout ceux en qui se retrouvent les plus jeunes d'entre vous. L'année dernière deux plongeurs sortis des profondeurs du « Grand Bleu » sont devenus deux héros pour toute une génération et vont continuer longtemps de l'être. Nicolas Hulot aussi qui apparaît soudain comme un héros dans une télévision où l'on préfère d'habitude « statufier » les animateurs de variétés ou les présentations de journaux télévisés. Quant à « l'ancien », le commandant Cousteau, son nouvel habit d'académicien le rend encore plus vert et il part vers de nouveaux combats. Ne manquez surtout pas sa série d'émissions sur Antenne 2 qui nous alertent sur les drames qui pourraient se jouer bientôt au Pôle Nord. Voilà un héros qu'il ne faudrait pas changer en 89.

Alain LAVILLE

LA FONDATION

La Fondation Balavoine continue l'œuvre admirable de Daniel sous l'impulsion de ses sœurs Claire et Marie-Françoise et de son frère Bernard. En organisant des fêtes et des manifestations tout au long de l'année, la Fondation recueille des sommes permettant d'envoyer des moto-pompes dans les pays où des enfants, des hommes et des femmes « assis » attendent la pluie. (Fondation Balavoine, 17, rue Saulnier 75009 Paris - Minitel 36.15 Code Bala.)

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17 septembre 2026

Génération Balavoine (Télé 7 jours, juin 2000)

 

10 septembre 2026

Nouveaux favs à aimer (Podium, avril 1979)

 

6 septembre 2026

Le Chanteur (Paroles et musique, janvier 1987)

1978. LE CHANTEUR. Les oiseaux 1- Les oiseaux 2- France - C'est un voyou - Lucie - Le chanteur - Si je suis fou Oiseau de nuit - Le pied par terre - Des gens comme vous. (Riviera LM 90.276).


Si j'en vends 30 000 je continue, sinon j'arrête.
Telle est l'alternative ultime que se pose Daniel, lassé par les huit années de vache enragée qu'il vient de passer... et 800 000 exemplaires de ce troisième album vendus vont lui redonner bien du cœur à l'ouvrage !


Qu'est-ce qui, cette fois, a bien pu provoquer un tel enthousiasme, une popularité si soudaine ? Certes, la pochette est astucieuse et sympathique. En surface le chanteur endimanché qui a l'air de se prendre au sérieux. A l'intérieur le retour à la réalité confinée entre les murs d'une chambre de bonne. Le chanteur ne passe pas à la télé...

Mais ce n'est quand même pas la photo de ce petit brun poupon au physique banal qui a pu séduire. Pour que la maison Barclay et un professionnel tel qu'Andy Scott à la console s'en occupent, il doit bien y avoir une raison. Écoutons l'album tel qu'en lui-même. Il se résume à une première face gentille, légère et tendre, puis à une seconde à peine plus colorée en dépit de quelques sursauts. Ce disque ne semble pas révéler un style défini particulier. C'est de la variété », pas mauvaise d'ailleurs, qui par moment s'enhardit de quelques accords rock. A quoi bon essayer de se rendre savant en lui cherchant une étiquette? Le sur- vol des textes ne laisse pas non plus une grande impression. Daniel Balavoine raconte des histoires simples, avec des mots simples qu'il fait rimer a la première personne comme s'il parlait toujours de lui.

Cependant, une écoute plus attentive, fait naitre le sentiment confus qu'il se cache quelque chose. Des détails qui laissent à penser que Daniel Balavoine n'est pas uniquement une découverte de plus de la jeune chanson française, au ta- lent aléatoire. Il y a des idées, qui prennent souvent le pas sur la manière dont les exprime. Il est évident que ce jeune artiste a des points de vue qu'il tient à manifester, spécialement sur la société actuelle : "On va leur montrer qu'on peut tout changer (Les oiseaux 2). Je ne peux plus me taire» (Le pied par terre »). Son autre cheval de bataille favori étant les rapports du chanteur et de son public : « Le chanteur - Des gens comme vous.

Il y a des tentatives courageuses et originales. Utilisation adroite et abondante des claviers et des chœurs; incursion reggae avec Des gens comme vous : bruitages comme l'orage dans « Lucie par exemple. Ornements qui sont encore rares à cette époque chez ses confrères. Virtuellement, il y a une formidable énergie, un tempérament volcanique qui lui évite de larmoyer sur les thèmes réalistes qu'il traite. Au contraire, il invite à l'action positive et saine : "Vaut mieux tout recommencer / On peut pas se suicider» (« Les oiseaux 2). Il y a aussi des indices qui trahissent une plume poétique, sensible et subtile :
"Plus haut que Dieu décida de faire mourir le vent» (« Les oiseaux 1 »). II y a Les oiseaux et Lucie, sans doute les morceaux les plus réussis jusque là.
Et puis surtout il y a une voix. Cette voix si aiguë, et pourtant mélodieuse, émouvante et révoltée. Cette voix hors du commun qui choque. Cette voix cristalline qui sort de l'anonymat.


Enfin il y a « Le chanteur ». Lucide et ironique, le seul à ne pas jouer les héros, ni les victimes. Sans complaisance pour le public qui fait et défait ses idoles, ni pour lui-même qui fonce en connaissant les règles du jeu. Ce qui le rend peut-être moins vulnérable que les autres. D'ailleurs, il dira plus tard : "Les gens aiment Michael Jackson en 83, l'année prochaine ce sera un autre. Point ! C'est tout !» (Numéros 1, janvier 1984).

Daniel Balavoine - Le chanteur- bouscule les habitudes de la variété française populaire. Il n'écrit pas des mots seulement pour faire beau. II écrit Balavoine. Ce n'est pas encore parfaitement au point. Mais ce premier succès véritable est une ébauche encourageante. Une révélation méritée qui donne envie aux néophytes (c'est-à-dire presque tout le monde) d'écouter l'album précédent et d'espérer les suivants.

1 septembre 2026

"Face amour/face amère" (Paroles et musique, janvier 1987)

1979. BALAVOINE ET CLIN D'ŒEIL. Face amour, face amère - Toi et moi Me laisse pas m'en aller Love Linda Tu me plais beaucoup - Ces petits riens - Dan- cing samedi Pauvre Bobby - Rougeagèvre. (Riviera LM 91.036).

Après la percée du Chanteur, cette quatrième production est guettée de toutes parts. Déception: elle n'est que l'évolution logique des choses, aucune surprise. L'humour du personnage est confirmé au vu de sa pochette. Son sens de la vérité aussi. Daniel Balavoine s'obstine à faire sauter le vernis. C'est l'endroit et l'envers, « Face amour, face amère ». Les hypothèses émises auparavant se précisent. Il cherche à s'imposer avec la même équipe, qui est devenue le groupe à part entière « Clin d'œil », avec les mêmes thèmes, avec les mêmes sons.

Alors, il n'y a rien de neuf ? C'est sous-estimer la créativité de l'auteur. Là encore l'apparence anodine cache l'essentiel. Cet album foi- sonne d'idées, même si elles ne sont pas toujours évidentes. Les seuls morceaux les moins enthousiasmants ne sont pas complètement de sa main.

Ainsi le texte « Toi et moi » est signe Patrick Dulphy (guitariste), celui de Drôle de galaxie Bernard Balavoine, et Pauvre Bobby résulte de la mise en commun, Daniel Balavoine étant relégué dans les chœurs. Ce qui ne signifie pas pour autant que ce dont il est seul responsable soit toujours forcément génial. Restons honnêtes.

Toutefois, Daniel Balavoine laisse à nouveau entrevoir un potentiel énorme, une personnalité qui cherche à s'affirmer mais qui, comme dans l'album Le chanteur, ne peut pas encore pleinement s'exprimer semble-t-il. Le style est de plus en plus soigné. L'écriture s'épanouit dans des structures libres, où une syntaxe sans contrainte côtoie avec aisance des allégories sensuelles : Et si j’ai de la fièvre / Je m'endors sur tes lèvres / Et je vide mes peines / En baisers salés / Me laisse pas me aller. Mais ce qui ressort davantage de cet album c'est la diversité, le dépaysement musical. Daniel Balavoine tente de définir son style, son identité à partir de ses références. L'unité du disque n'en souffre pas trop car le « fond » est tellement ancré en lui. Reste à le transcrire sans le trahir.

La première face tâtonne. Un Face amour, face amère qui s'amplifie tel un cantique. Une approche entrainante à la guitare pour Tu me plais beaucoup. Un son américain enjolive également une déjà bien séduisante « Love Linda », dont l’interprétation rappelle vaguement les negro-spirituals rajeunis par une pointe de claviers dosés à souhait. Par contre, la deuxième face se révèle plus personnelle, pimentée par quelques accents de dérision : « Dancing samedi » et « Drôle de galaxie ». Le moment décisif étant « Rougeagèvre », aboutissement du périple. Cette tranche de vie, élaborée avec un doigté subtilement fatal (du comic strip au strip comic) façon Gainsbourg, permet à Daniel Balavoine de libérer son individualité. Sur des rythmes mieux ficelés, il commence à dégager tout son punch, sa puissance créative.

Par conséquent, même si cet album ne surprend pas, il est certain que le cheminement de Daniel ne peut laisser indifférent. Il ne lui suffit plus qu'à confirmer une bonne fois pour toutes les espoirs que beaucoup placent en lui désormais.

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25 août 2026

Vendeurs de larmes (Paroles et musique, janvier 1987)


Balavoine entame ce qu'il appelle un nouveau cycle. La physionomie de son équipe se modifie en fonction des apports qu'il souhaite faire intervenir. Un nouveau bassiste, un nouveau guitariste, un autre batteur venu renforcer J.-P. Batailley, et un second claviériste embarquent pour Ibiza où ce disque est enregistre Dédié à Tous ceux qui m'ont appris ce que je dis dans les textes (Comprenne qui veut)...», il se pré- sente dans la formule combinée d'un 33 tours et d'un maxi 45 tours Pas assez de place pour graver les lignes principales que Daniel Balavoine désire explorer! Le travail effectué à l'Olympia et lors de la tournée qui suivit paraît lui avoir permis de délivrer toute son énergie. La musique s'affirme. La verve est de plus en plus vive malgré la douceur de certaines tournures. Comme il l'explique dans la première chanson, la vie et l'amour qui en fait partie intégrante chez lui- est l'inspiratrice unique Pour faire un dis- que. Il suffit de savoir regarder le monde humblement. Résultat de cette observation: un encouragement à Vivre ou survivre », même si Y'a pas de bon numéro et si L'amour est triste ».


Néanmoins, cette production ne donne pas l'impression d'être une fin en sol. Bien sûr, elle contient les divers éléments mis au point au fil des disques précédents, que Daniel maitrise parfaitement maintenant Les claviers omniprésents ont définitivement donné le ton. Balavoine ne fait plus de la simple e variété. Il ne fait pas non plus du rock pur et dur. a su adopter un son moderne encore peu pratiqué en France. Mais Il est toujours en quête de nouvelles images sonores. Son inspiration franchit allégrement mers et océans D'un côté elle est attirée par les accords lancinants des guitares funk qui soutiennent Je veux de for, ou sont prétexte à l'instrumental composé par Philippe Patron, La danse». De l'autre, elle est séduite par le tempo obsédant des percussions africaines. Ces tentations pour d'autres atmosphères musicales sont ponctuées par la sirène, représentant les forces de l'ordre qui mettent à leur botte la population- Soulève-moi, et par les incantations qui introduisent Viens danser.


Même si le style évolue, dans le fond Balavoine persiste et signe. Et plutôt que de dénoncer les pouvoirs despotiques (militaires, policiers ou le pouvoir de l'argent), il revendique l'AMOUR. Pas l'amour hypocrite que vendent les chanteurs de charme [...] Juste pour nous piquer nos femmes. Mais l'amour innocent et fraternel de La fillette de l'étang. L'amour passion qui donne la force de poursuivre la route. Oh soutiens-moi / Porte-moi à bout de bras / Faire l'amour ce sert a ça/Soulève-mol / Serre-moi fort /Prends-mol au creux de ton corps /Fais pleuvoir les perles d'or. Comment résister à pareille invitation ?


A nouveau le principal est dit. Avec le recul, Daniel trouvera que cet album est touffu, dispersé alors qu'il est super bien joué. Je ne connaissais pas encore bien mes musiciens ajoute-t-il. Ce qui laisse supposer que la dernière face n'est qu'un Au revoir à Ibiza, qui saura Faire la part des choses [] Tout remettre en cause et qu'il nous prépare des surprises....

22 août 2026

Daniel Balavoine au Palais des Sports (Paroles et musique, janvier 1987)

1984. BALAVOINE AU PALAIS DES SPORTS. Lucie Les petits lolos-Supporter - La vie ne m'apprend rien - Vendeurs de larmes Poisson dans la cage - Vidéo - sé- rie noire Mon fils ma bataille- Partir avant les miens Vivre ou survivre Dieu que c'est beau - Soulève-moi-Revolución - Pour la femme veuve qui s'éveille - Le chanteur-Je ne suis pas un héros - Frappe avec ta tête. (Deux disques Riviera LM 825 122-1).


Maintenant qu'il dispose d'un répertoire solide et d'un groupe homogène, Daniel Balavoine s'offre une tournée en février 84 (prolongée en avril par le Printemps de Bourges) et le Palais des Sports en septembre. Le double. album en direct qui s'ensuit restitue fidèlement le programme du spectacle, en même temps que l'évolution de Daniel depuis trois ans. En effet, la charpente étant le dernier disque, Loin des yeux de l'Occident, Balavoine n'a retenu des albums précédents que les titres les plus significatifs. Son public est venu le voir et l'écouter chanter, donc pas de longs préambules ni d'instrumentaux excessifs sauf à la fin. Les chansons s'enchainent avec efficacité, dans la joie et la bonne humeur à en juger par la vitalité et le bonheur qui transparaissent sur les illustrations des pochettes.


La première partie regroupe des morceaux dont le lien est musical avant tout. Alors que la seconde marque une suite d'idées qui aboutissent au thème final qui lui tient à cœur: Frappe avec ta tête». Le tout étant dominé par les teintes orientales du nouveau style Balavoine, ce qui a occasionné quelques réaménagements des chansons les plus anciennes. Par exemple, il attaque avec Lucie dont l'introduction semble venue de Chine. Ce qui rend l'émotion plus intense, plus pure. Dès cet instant le ton est donné. Charme, tendresse, exotisme, fougue; chaque élément est en place. Le spectacle est au point. La voix est rodée. Elle fluctue en accord parfait avec les lignes mélodiques et rythmiques des rocks et funks endiablés : Les petits lolos. Vendeurs de larmes, Mon fils ma bataille, Vivre ou survivre » Elle sait aussi se faire plus posée pour interpréter La vie ne m'apprend rien».


Il n'y a pas de changement fondamental par rapport aux versions en studio. Juste quelques notes qui étoffent Poisson dans la cage, Mon fils, qui rendent plus magique Lucie comme nous venons de le voir. Aucun détail n'a été sacrifié pour reconstituer le climat que Daniel veut créer, comme à l'Olympia. C'est ainsi que le rythme cardiaque soutient toujours Partir avant les miens», qui prend une dimension infinie adaptée à l'espace environnant.


Une fois le public familiarisé avec le décor musical, Daniel Balavoine passe aux choses sérieuses. Sept chansons réunies sur la deuxième partie qui illustrent son tempéra- ment, ses préoccupations, ce pour quoi il a envie de se battre. Hymnes à l'amour et à la femme: Dieu que c'est beau (45 tours de promotion du spectacle). Soulève-moi, Revolución», « Pour la femme veuve". Hymne à la liberté, à la tolérance et à l'intelligence : Frappe avec ta tête. Entre-temps, il rappelle qu'il n'est pas un chanteur engagé : "Le chanteur», « Je ne suis pas un héros». Il est juste un homme sensible qui a une passion : la vie. Il peut se permettre de des- cendre son personnage de vedette de son piédestal, la partie est gagnée !


A ce moment, il laisse échapper toute son ardeur. Chaque morceau devient un peu plus long, un peu plus fort. Le public, qu'il exhorte, se prend au jeu. Il s'allie aux femmes qui défilent pour la "Revolución», arrosée par les sanglots synthétiques qui évitent à la conclusion d'être lourde et pénible. De même, il laisse de côté ses traditions pour former sur le tempo réglé des tam-tams un immense choeur, a l'instar des fêtes rituelles de là-bas". Cette communion a le goût de la victoire. Balavoine prouve, s'il en est besoin, que malgré ses coups de gueule, il sait être sobre, humble et surtout fidèle avec ceux qui l'aiment, d'un côté et de l'autre de la scène. Mes musiciens ne sont pas à vingt mètres derrière moi et je ne porte pas des paillettes quand ils ont des costumes noirs. C'est pourquoi il dédie ce double album à celui qui malheureusement n'a pas pu tenir les claviers du triomphe: Philippe Patron.


Cet enregistrement nous offre le portrait le plus juste de ce qu'est Balavoine en 1984. Il touche à la fois son public populaire de toujours et un public plus exigeant, plus mélomane, qu'il commence à intéresser. Dès lors, de nouvelles perspectives s'offrent à lui.

8 août 2026

Balavoine, histoire d’un frère (Sud-Ouest, 10 janvier 2016)

Le 14 janvier 1986, le chanteur de " L’Aziza " disparaissait au Mali après dix ans d’une carrière éclair. Trente ans plus tard, ses sœurs évoquent " leur " Daniel

YANNICK DELNESTE

Claire Balavoine le dit doucement : " Vous savez, on ne faisait jamais faire à Daniel ce qu’il n’avait pas envie de faire. " Dans son bureau de l’association qui porte le nom du chanteur, sa sœur jongle entre les sollicitations médiatiques et l’activité de la structure qui a repris ces temps-ci. " Les dernières années ont été très difficiles ", confie-t-elle. " Nous intervenons depuis le début dans les régions de Gao et Kidal, au Mali, touchées par les terrorismes islamistes, rappelle-t-elle. On se félicite au moins d’une chose : aucun d’entre eux ne s’est attaqué à nos installations, cruciales pour certains villages. "

Aujourd’hui, 23 localités sont équipées de motopompes permettant l’autonomie de culture. Quand Daniel Balavoine meurt dans un accident d’hélicoptère, le 14 janvier 1986, dans cette même région du Mali (1), l’association n’existe pas encore. Trois ans plus tôt, et pour sa première participation au très controversé Paris-Dakar, il abandonne dès la première étape, suit la caravane et découvre la réalité africaine, présente l’automne suivant dans " Loin des yeux de l’Occident ", le septième de ses huit albums.

Lorsqu’il disparaît, Balavoine n’est pas concurrent du rallye mais accompagne le programme nommé Paris du cœur, démarrant l’installation de ces motopompes. " Très vite après sa mort, nous avons été submergés de courriers de personnes voulant contribuer à la poursuite du projet ", raconte Claire Balavoine. " Depuis 1993, l’action agricole se double d’une action éducative avec le financement de deux écoles et 250 élèves. Les filles ont de meilleures notes. Daniel aurait aimé. " La sœur continue son œuvre.

" Rigolo et très lucide à la fois "

Balavoine Daniel, né le 5 février 1952 à Alençon. 15 % de sang picard, le reste est landais et surtout basque, par la maman notamment. " C’était le dernier, le chouchou, l’enfant gâté, et c’était bien normal ", sourit Marie-Françoise, l’aînée d’une fratrie de six. " J’avais douze ans de plus que lui. Comme je suis partie à 18 ans de la maison, je l’ai peu connu enfant. Lors de nos retrouvailles, nous avions des relations d’adulte à adulte, séductrices et passionnantes. Comme moi, Daniel n’était pas spécialement famille. Sa notoriété et le métier nous l’ont aussi un peu enlevé. "

Les deux sœurs racontent un Balavoine finalement peu différent de l’image qu’il donnait et a laissée au grand public : " Un être spontané, révolté par les injustices, la maltraitance où qu’elle soit. Et il agissait ", témoignent-elles, évoquant l’engagement de leur frère, du porte-parole improvisé de la jeunesse face à Mitterrand en mars 1980 (statut qu’il refusera toujours) au pionnier français du show-biz humanitaire.

" Très tôt, Daniel a été à la fois très rigolo et très lucide, note Claire. Sur les gens, le métier du spectacle ou la politique. Il avait choisi de s’en servir pour faire avancer ses projets. " Après les années de galère, entre 1972 et 1978, dont deux albums passés inaperçus, Marie-Françoise se souvient du premier concert à Lille : " C’était avant "Starmania", qui le fera connaître, se souvient-elle. Il interprétait "Le Chanteur", chanson à laquelle je ne comprenais rien ! Où voulait-il en venir ? " Claire garde en mémoire les vingt-cinq représentations de "Starmania" qu’elle a toutes vues.

Les chansons qu’elles préfèrent chez leur frère ne se trouvent pas forcément dans la quinzaine de tubes toujours très diffusés. " "Frappe avec ta tête" est une merveille à l’heure où il s’agit de rester debout, encore et toujours ", souffle Marie-Françoise. Pour Claire, c’est " Soulève-moi ".

Au Zénith de Pau en juin

" C’est un plaisir douloureux de parler de lui à chaque anniversaire, résume cette dernière. Il nous manque tellement, mais il est aussi tellement aimé. Chaque jour, je constate combien les chansons de Daniel se transmettent de génération en génération. " Et d’insister sur l’édition 2016 de Jazz’in collège, au Zénith de Pau, réunissant plus d’un millier d’enfants qui chanteront Balavoine en juin prochain.

Le chanteur est enterré à Biarritz, dans le cimetière de Ranquine. " Lui qui fuyait le show-biz dès qu’il le pouvait, il aimait aller marcher sur la plage, là-bas. Il soufflait pour mieux repartir. "

(1) Y trouveront également la mort le pilote François-Xavier Bagnoud, le technicien radio Jean-Paul Le Fur, Thierry Sabine, l’organisateur du Paris-Dakar, et la journaliste Nathalie Odent.

3 août 2026

"Le temps des jours heureux" (Télé 7 jours, janvier 1986)

 

28 juillet 2026

Daniel Balavoine : pourquoi il cherchait une maison à Londres (Bénin Web TV, 5 février 2026)

 
 

 

 

Daniel Balavoine, né le 5 février 1952 à Alençon et décédé dans un accident d’hélicoptère le 14 janvier 1986 à Dakar, aurait eu 74 ans ce 5 février 2026. Artiste engagé et créateur de tubes tels que «Mon fils ma bataille», il était, au moment de sa disparition, en pleine activité artistique et nourrissait un projet de relocalisation à Londres, où il cherchait une maison pour s’installer.

Né en Normandie, Daniel Balavoine passe son enfance et son adolescence entre la région normande et le Sud-Ouest — des étapes à Bordeaux, Biarritz et Pau qui, selon les éléments biographiques disponibles, ont contribué à façonner son imaginaire musical. Dans les années 1970, il monte à Paris pour tenter sa chance : studios, rencontres, projets divers. Progressivement, il s’impose comme une voix singulière de la chanson française.

Installé à Colombes, dans les Hauts-de-Seine, Balavoine transforme sa maison en véritable lieu de création. Rue Félix, il aménage un studio personnel qui lui permet de travailler à son rythme et d’expérimenter des sonorités nouvelles. C’est dans cet environnement domestique et technique que naîtront plusieurs titres marquants, dont «Sauver l’amour» et «Dieu que c’est beau». À cette période, sa notoriété dépasse le strict cadre musical : ses interventions médiatiques, notamment une émission télévisée avec François Mitterrand, et ses prises de position sur la jeunesse, la misère et l’Afrique font de lui une figure écoutée et discutée.

Un projet londonien en gestation

Au milieu des années 1980, Londres occupe une place particulière dans le paysage musical international : pop, new wave, innovations technologiques et studios de pointe y attirent artistes et producteurs. Daniel Balavoine manifeste un intérêt marqué pour cette scène et la technologie de production qui s’y développe. Selon les sources disponibles, il envisage alors de s’ouvrir à un public anglophone, d’enregistrer en anglais et de travailler avec des musiciens et producteurs anglo-saxons.

Cette ambition artistique s’accompagne d’un désir de changement personnel. S’installer à Londres représente pour Balavoine la possibilité de quitter une partie de l’exposition médiatique française et de repartir sur de nouveaux repères. Les informations rapportent qu’il ne cherchait pas seulement un pied-à-terre : il prospectait une maison, signe d’un projet d’installation durable plutôt que d’un simple séjour ponctuel en studio.

La dimension internationale de son projet se nourrit aussi d’une curiosité pour les formes visuelles et techniques de la musique contemporaine : clips, mise en scène, production audiovisuelle. L’intérêt pour les studios londoniens, réputés pour leur avance technologique, s’inscrit dans la volonté de Balavoine de faire évoluer son univers sonore et visuel, en s’inspirant des pratiques développées au Royaume-Uni.

La disparition du chanteur le 14 janvier 1986 met fin à ces démarches en cours. À 33 ans, malgré une carrière déjà marquée par des succès et une place singulière dans la chanson française, Daniel Balavoine préparait un projet de déménagement à Londres et cherchait une maison où établir une nouvelle base de travail.

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L'inoubliable Daniel Balavoine
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