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L'inoubliable Daniel Balavoine

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27 octobre 2026

A LA FOLIE ! L'habit ne fait pas le Balavoine (Le Nouveau Stéphanie, 1980)

 


Etudes : est passé à côté de son bac


Qualité : la gentillesse


Défaut : la gentillesse !


Sport : tennis


Les femmes : oui (sans nuance)


La peur : non, à l'exception de la mort


Envies : tout faire pour les assouvir


Image de marque : ce qui est important, c'est que les gens reçoivent.


Aime : Paul Mac Cartney, Etienne Chicot, Michel Berger et Renaud


Passion : écrire


La censure : c'est comme le désespoir on vit avec, en essayant le plus possible de le détourner


France : les gens gentils le sont réellement, mais les méchants me font penser aux « vilains » du moyen-âge


Le cinéma : aimerait beaucoup en faire. Les rêves : la seule chose qui nous reste


Suite à ton intervention sur A 2 un quotidien a titré : « Nous sommes tous des Balavoine » qu'en penses-tu ?


Ils font ce qu'ils veulent. Je suis tolérant ! Mais ça me fait de la peine, car être un Balavoine, c'est avoir du
mal à vivre. Je suis désespéré depuis bien longtemps et je me suis habitué.
J'espère qu'il n'y a pas que des Balavoine !

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14 octobre 2026

L'Inoubliable n° 102

Revue de presse - Casino Parade 19 septembre 1984 (48 pages). Abonnement 20 euros pour 4 numéros par an. Pour vous abonner envoyez un message à thierry.rouault@u-paris.fr

12 octobre 2026

L'Inoubliable n° 103

Revue de presse - 40 ans sans Daniel Balavoine (52 pages)

4 numéros par an (20 euros)

 

Pour vous abonner écrire à thierry.rouault@u-paris.fr

9 octobre 2026

L'Inoubliablen° 104

Revue de presse, Casino Parade 28 juin 1984, 52 pages

Abonnement pour 4 numéros par an 20 euros en écrivant à thierry.rouault@u-paris.fr

30 septembre 2026

L'Inoubliable n° 105

Revue de presse - Casino Parade du 28 juin 1984 (44 pages en couleur, format A 4), 5 euros.

commande en écrivant à thierry.rouault@u-paris.fr

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21 septembre 2026

Daniel Balavoine, c'était comme mon fils (Télé 7 jours, 1989)

"Daniel, je le considérais comme mon fils », dit Léo Missir, l'homme qui lui a donné sa première chance, en 1976. « A l'époque, j'étais directeur général de toutes les productions artistiques des disques Barclay. Un jour, Florence Albouker me fait écouter l'album que Patrick Juvet venait d'enregistrer à Londres. Au milieu du disque, j'entends une chanson superbe qui n'était pas chantée par Patrick Juvet. Ce qui m'avait frappé surtout, c'était le timbre de voix du chanteur, la beauté de la mélodie. C'était Daniel qui était, à l'époque, l'un des choristes de Patrick Juvet. Florence m'avait averti : « Ce garçon a beaucoup de personnalité et de caractère, il sait ce qu'il veut ». 48 heures après, Léo voit entrer dans son bureau un garçon aux cheveux longs, l'air bougon et sûr de lui : « Je lui dis que j'aimerais que nous travaillions ensemble. « D'accord, me répond-il, à condition d'une part que j'enregistre tout de suite sur 30 cm, et d'autre part, que vous me laissiez libre du choix de mes musiciens et du preneur de son ». Je n'ai pas hésité une seconde. Pourtant, à l'époque, la coutume était de tester d'abord le nouveau chanteur en lui faisant faire simplement un 45 tours. »

Dès le début, Daniel choisit de faire appel comme preneur de son, à Andy Scott qui a réalisé tous ses disques sans exception jusqu'au dernier. « Daniel était l'homme le plus fidèle que j'aie jamais connu. Nous parlions le même langage, celui des musiciens. Je suis pianiste de formation. Dès le départ, Daniel m'avait expliqué qu'il v lait faire de la bonne chanson populaire avec des mots qui sonnaient fort, des sujets qui lui tenaient à cœur. Pour lui, tout tournait autour de l'amour, pas seulement l'amour entre un homme et une femme, mais surtout de l'amour du prochain. Il a toujours eu à cœur de lutter contre l'injustice, que ce soit le racisme ou la pauvreté. Avec lui, mon rôle ne se bornait  plus à permettre à l'artiste d'exister, je suis aussi devenu comme un deuxième père. Il venait souvent dîner à la maison où il a même habité un temps avant de rencontrer Corinne, sa femme. » Léo a même rangé les clichés de Daniel avec toutes ses photos de famille.

« Comme un fils, il menait sa vie de fils ! Il avait ses copains, Berger, Goldman et les autres, que je ne connaissais pas. Ensuite avec Corinne, il avait sa vie de famille. C'est à ce moment-là qu'il a le plus changé.

Lui qui n'aimait pas les mômes, qui ne supportait pas qu'un enfant pleurniche, n'arrêtait pas de parler de Jérémie, de sortir de son portefeuille sa photo pour le faire admirer. Avant, il était en révolte contre la misère de la terre. Le jour où son fils est né, il s'est dit : « Pour moi, je ne peux rien changer, mais pour mon fils, je dois me lancer dans la bagarre pour que le monde devienne meilleur. » Dès le début, Daniel avait programmé sa carrière. Il disait à Léo : « C'est dangereux de faire un tube au début. Il faut commencer à vendre petit pour faire une vraie et longue carrière. » Moi, dès la sortie de son premier album, « De vous à elle en passant par moi », je lui ai prédit que le deuxième se vendrait à plus de 300 000 exemplaires. Si j'avais raison, je coupais ma barbichette vieille de vingt ans, qui, trouvait-il, me vieillissait, sinon je la gardais. Il a bien fallu que je la coupe car « Le Chanteur » s'est vendu à plus d'un million ! Daniel ne s'est jamais laissé étourdir par son succès. Léo se souvient du jour où il a commencé à gagner un peu d'argent : « Il adorait les belles voitures. A l'époque, j'avais une BMW. Il est venu me voir à mon bureau en me demandant : « Pensez-vous – il m'a toujours vouvoyé, moi je le tutoyais – que ça ne ferait pas prétentieux si j'achetais la même ».

« En plus de son talent et surtout de son intelligence, il l'était réellement, quitte à se montrer parfois très mordant, j'admirais chez Daniel son amour de la vie. Il aimait bien manger, il adorait vivre. Il avait beaucoup d'humour. Chaque fois qu'il enregistrait un disque (un tous les ans et demi), nous nous retrouvions tous ensemble avec ses sept musiciens et Andy Scott pendant un mois. » Car Daniel, de même qu'il s'entourait de musiciens les plus compétents, choisissait aussi les studios les plus compétents. « Nous sommes ainsi allés enregistrer à Ibiza, à Londres et en Écosse. Nous travaillions dans la bonne humeur, au gré de notre envie. Ce qui me frappait chez Daniel, c'est qu'il ne faisait ses textes de chansons que lorsqu'il avait enregistré les play-backs. C'était le son qui le guidait. » Un an avant sa mort, Daniel avait convaincu Léo de cesser ses activités chez Barclay.

« Il est grand temps à 60 ans, me disait-il, que tu prennes du bon temps ». Il avait su me persuader. J'avais tout arrêté pour me consacrer uniquement à sa carrière. Deux ans ont passé depuis qu'il n'est plus là mais il n'y a pas un jour où je ne pense à lui... »

Isabelle CAUCHOIS Photos J.-J. Descamps.

 

DES MOTS QUI RÉSONNENT


Sur son dernier 33 tours, on trouve quelques-unes des chansons de Balavoine les plus profondes, montrant, comme il l'a si bien chanté, que « le français est une langue qui résonne. » Il a écrit ainsi « L'amour te porte dans tes efforts. L'amour de tout délie du secret. Et face à tous ceux qui te dévorent. Aimer est plus fort que d'être aimé... »


Dans « Un enfant assis attend la pluie » : « Et les yeux grands ouverts. Délivrés de la nuit. Je sais
que quelque part, un enfant assis attend la pluie. » Et dans « L'Aziza » : « L'Aziza ton étoile jaune c'est ta peau. Tu n'as pas le choix. Ne la porte pas comme on porte un fardeau. Ta force, c'est ton droit. Ta couleur et tes mots, tout me va. Que tu vives ici ou là-bas, danse avec moi... » Chez Barclay, l'intégrale de Balavoine, à quelques chansons près, en onze 33 tours, dix cassettes ou six disques compacts, qui permettent encore mieux d'apprécier la qualité du « son Balavoine ».


Au Club des Stars-Seghers, un livre illustré.

 

IL FAUDRAIT CHANGER LES HÉROS.

Il faudrait changer les héros. Dans un monde où, le plus beau reste à faire », chantait Balavoine dans « Tous les cris, les S.O.S. »...

A chaque époque, ses héros. Daniel l'est devenu avec ses cris, ses S.O.S. qui se sont tus trop tôt. Les héros, ce sont ceux en qui l'on se retrouve et surtout ceux en qui se retrouvent les plus jeunes d'entre vous. L'année dernière deux plongeurs sortis des profondeurs du « Grand Bleu » sont devenus deux héros pour toute une génération et vont continuer longtemps de l'être. Nicolas Hulot aussi qui apparaît soudain comme un héros dans une télévision où l'on préfère d'habitude « statufier » les animateurs de variétés ou les présentations de journaux télévisés. Quant à « l'ancien », le commandant Cousteau, son nouvel habit d'académicien le rend encore plus vert et il part vers de nouveaux combats. Ne manquez surtout pas sa série d'émissions sur Antenne 2 qui nous alertent sur les drames qui pourraient se jouer bientôt au Pôle Nord. Voilà un héros qu'il ne faudrait pas changer en 89.

Alain LAVILLE

LA FONDATION

La Fondation Balavoine continue l'œuvre admirable de Daniel sous l'impulsion de ses sœurs Claire et Marie-Françoise et de son frère Bernard. En organisant des fêtes et des manifestations tout au long de l'année, la Fondation recueille des sommes permettant d'envoyer des moto-pompes dans les pays où des enfants, des hommes et des femmes « assis » attendent la pluie. (Fondation Balavoine, 17, rue Saulnier 75009 Paris - Minitel 36.15 Code Bala.)

17 septembre 2026

Génération Balavoine (Télé 7 jours, juin 2000)

 

10 septembre 2026

Nouveaux favs à aimer (Podium, avril 1979)

 

6 septembre 2026

Le Chanteur (Paroles et musique, janvier 1987)

1978. LE CHANTEUR. Les oiseaux 1- Les oiseaux 2- France - C'est un voyou - Lucie - Le chanteur - Si je suis fou Oiseau de nuit - Le pied par terre - Des gens comme vous. (Riviera LM 90.276).


Si j'en vends 30 000 je continue, sinon j'arrête.
Telle est l'alternative ultime que se pose Daniel, lassé par les huit années de vache enragée qu'il vient de passer... et 800 000 exemplaires de ce troisième album vendus vont lui redonner bien du cœur à l'ouvrage !


Qu'est-ce qui, cette fois, a bien pu provoquer un tel enthousiasme, une popularité si soudaine ? Certes, la pochette est astucieuse et sympathique. En surface le chanteur endimanché qui a l'air de se prendre au sérieux. A l'intérieur le retour à la réalité confinée entre les murs d'une chambre de bonne. Le chanteur ne passe pas à la télé...

Mais ce n'est quand même pas la photo de ce petit brun poupon au physique banal qui a pu séduire. Pour que la maison Barclay et un professionnel tel qu'Andy Scott à la console s'en occupent, il doit bien y avoir une raison. Écoutons l'album tel qu'en lui-même. Il se résume à une première face gentille, légère et tendre, puis à une seconde à peine plus colorée en dépit de quelques sursauts. Ce disque ne semble pas révéler un style défini particulier. C'est de la variété », pas mauvaise d'ailleurs, qui par moment s'enhardit de quelques accords rock. A quoi bon essayer de se rendre savant en lui cherchant une étiquette? Le sur- vol des textes ne laisse pas non plus une grande impression. Daniel Balavoine raconte des histoires simples, avec des mots simples qu'il fait rimer a la première personne comme s'il parlait toujours de lui.

Cependant, une écoute plus attentive, fait naitre le sentiment confus qu'il se cache quelque chose. Des détails qui laissent à penser que Daniel Balavoine n'est pas uniquement une découverte de plus de la jeune chanson française, au ta- lent aléatoire. Il y a des idées, qui prennent souvent le pas sur la manière dont les exprime. Il est évident que ce jeune artiste a des points de vue qu'il tient à manifester, spécialement sur la société actuelle : "On va leur montrer qu'on peut tout changer (Les oiseaux 2). Je ne peux plus me taire» (Le pied par terre »). Son autre cheval de bataille favori étant les rapports du chanteur et de son public : « Le chanteur - Des gens comme vous.

Il y a des tentatives courageuses et originales. Utilisation adroite et abondante des claviers et des chœurs; incursion reggae avec Des gens comme vous : bruitages comme l'orage dans « Lucie par exemple. Ornements qui sont encore rares à cette époque chez ses confrères. Virtuellement, il y a une formidable énergie, un tempérament volcanique qui lui évite de larmoyer sur les thèmes réalistes qu'il traite. Au contraire, il invite à l'action positive et saine : "Vaut mieux tout recommencer / On peut pas se suicider» (« Les oiseaux 2). Il y a aussi des indices qui trahissent une plume poétique, sensible et subtile :
"Plus haut que Dieu décida de faire mourir le vent» (« Les oiseaux 1 »). II y a Les oiseaux et Lucie, sans doute les morceaux les plus réussis jusque là.
Et puis surtout il y a une voix. Cette voix si aiguë, et pourtant mélodieuse, émouvante et révoltée. Cette voix hors du commun qui choque. Cette voix cristalline qui sort de l'anonymat.


Enfin il y a « Le chanteur ». Lucide et ironique, le seul à ne pas jouer les héros, ni les victimes. Sans complaisance pour le public qui fait et défait ses idoles, ni pour lui-même qui fonce en connaissant les règles du jeu. Ce qui le rend peut-être moins vulnérable que les autres. D'ailleurs, il dira plus tard : "Les gens aiment Michael Jackson en 83, l'année prochaine ce sera un autre. Point ! C'est tout !» (Numéros 1, janvier 1984).

Daniel Balavoine - Le chanteur- bouscule les habitudes de la variété française populaire. Il n'écrit pas des mots seulement pour faire beau. II écrit Balavoine. Ce n'est pas encore parfaitement au point. Mais ce premier succès véritable est une ébauche encourageante. Une révélation méritée qui donne envie aux néophytes (c'est-à-dire presque tout le monde) d'écouter l'album précédent et d'espérer les suivants.

1 septembre 2026

"Face amour/face amère" (Paroles et musique, janvier 1987)

1979. BALAVOINE ET CLIN D'ŒEIL. Face amour, face amère - Toi et moi Me laisse pas m'en aller Love Linda Tu me plais beaucoup - Ces petits riens - Dan- cing samedi Pauvre Bobby - Rougeagèvre. (Riviera LM 91.036).

Après la percée du Chanteur, cette quatrième production est guettée de toutes parts. Déception: elle n'est que l'évolution logique des choses, aucune surprise. L'humour du personnage est confirmé au vu de sa pochette. Son sens de la vérité aussi. Daniel Balavoine s'obstine à faire sauter le vernis. C'est l'endroit et l'envers, « Face amour, face amère ». Les hypothèses émises auparavant se précisent. Il cherche à s'imposer avec la même équipe, qui est devenue le groupe à part entière « Clin d'œil », avec les mêmes thèmes, avec les mêmes sons.

Alors, il n'y a rien de neuf ? C'est sous-estimer la créativité de l'auteur. Là encore l'apparence anodine cache l'essentiel. Cet album foi- sonne d'idées, même si elles ne sont pas toujours évidentes. Les seuls morceaux les moins enthousiasmants ne sont pas complètement de sa main.

Ainsi le texte « Toi et moi » est signe Patrick Dulphy (guitariste), celui de Drôle de galaxie Bernard Balavoine, et Pauvre Bobby résulte de la mise en commun, Daniel Balavoine étant relégué dans les chœurs. Ce qui ne signifie pas pour autant que ce dont il est seul responsable soit toujours forcément génial. Restons honnêtes.

Toutefois, Daniel Balavoine laisse à nouveau entrevoir un potentiel énorme, une personnalité qui cherche à s'affirmer mais qui, comme dans l'album Le chanteur, ne peut pas encore pleinement s'exprimer semble-t-il. Le style est de plus en plus soigné. L'écriture s'épanouit dans des structures libres, où une syntaxe sans contrainte côtoie avec aisance des allégories sensuelles : Et si j’ai de la fièvre / Je m'endors sur tes lèvres / Et je vide mes peines / En baisers salés / Me laisse pas me aller. Mais ce qui ressort davantage de cet album c'est la diversité, le dépaysement musical. Daniel Balavoine tente de définir son style, son identité à partir de ses références. L'unité du disque n'en souffre pas trop car le « fond » est tellement ancré en lui. Reste à le transcrire sans le trahir.

La première face tâtonne. Un Face amour, face amère qui s'amplifie tel un cantique. Une approche entrainante à la guitare pour Tu me plais beaucoup. Un son américain enjolive également une déjà bien séduisante « Love Linda », dont l’interprétation rappelle vaguement les negro-spirituals rajeunis par une pointe de claviers dosés à souhait. Par contre, la deuxième face se révèle plus personnelle, pimentée par quelques accents de dérision : « Dancing samedi » et « Drôle de galaxie ». Le moment décisif étant « Rougeagèvre », aboutissement du périple. Cette tranche de vie, élaborée avec un doigté subtilement fatal (du comic strip au strip comic) façon Gainsbourg, permet à Daniel Balavoine de libérer son individualité. Sur des rythmes mieux ficelés, il commence à dégager tout son punch, sa puissance créative.

Par conséquent, même si cet album ne surprend pas, il est certain que le cheminement de Daniel ne peut laisser indifférent. Il ne lui suffit plus qu'à confirmer une bonne fois pour toutes les espoirs que beaucoup placent en lui désormais.

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