Le 14 janvier 1986, le chanteur de " L’Aziza " disparaissait au Mali après dix ans d’une carrière éclair. Trente ans plus tard, ses sœurs évoquent " leur " Daniel
YANNICK DELNESTE
Claire Balavoine le dit doucement : " Vous savez, on ne faisait jamais faire à Daniel ce qu’il n’avait pas envie de faire. " Dans son bureau de l’association qui porte le nom du chanteur, sa sœur jongle entre les sollicitations médiatiques et l’activité de la structure qui a repris ces temps-ci. " Les dernières années ont été très difficiles ", confie-t-elle. " Nous intervenons depuis le début dans les régions de Gao et Kidal, au Mali, touchées par les terrorismes islamistes, rappelle-t-elle. On se félicite au moins d’une chose : aucun d’entre eux ne s’est attaqué à nos installations, cruciales pour certains villages. "
Aujourd’hui, 23 localités sont équipées de motopompes permettant l’autonomie de culture. Quand Daniel Balavoine meurt dans un accident d’hélicoptère, le 14 janvier 1986, dans cette même région du Mali (1), l’association n’existe pas encore. Trois ans plus tôt, et pour sa première participation au très controversé Paris-Dakar, il abandonne dès la première étape, suit la caravane et découvre la réalité africaine, présente l’automne suivant dans " Loin des yeux de l’Occident ", le septième de ses huit albums.
Lorsqu’il disparaît, Balavoine n’est pas concurrent du rallye mais accompagne le programme nommé Paris du cœur, démarrant l’installation de ces motopompes. " Très vite après sa mort, nous avons été submergés de courriers de personnes voulant contribuer à la poursuite du projet ", raconte Claire Balavoine. " Depuis 1993, l’action agricole se double d’une action éducative avec le financement de deux écoles et 250 élèves. Les filles ont de meilleures notes. Daniel aurait aimé. " La sœur continue son œuvre.
" Rigolo et très lucide à la fois "
Balavoine Daniel, né le 5 février 1952 à Alençon. 15 % de sang picard, le reste est landais et surtout basque, par la maman notamment. " C’était le dernier, le chouchou, l’enfant gâté, et c’était bien normal ", sourit Marie-Françoise, l’aînée d’une fratrie de six. " J’avais douze ans de plus que lui. Comme je suis partie à 18 ans de la maison, je l’ai peu connu enfant. Lors de nos retrouvailles, nous avions des relations d’adulte à adulte, séductrices et passionnantes. Comme moi, Daniel n’était pas spécialement famille. Sa notoriété et le métier nous l’ont aussi un peu enlevé. "
Les deux sœurs racontent un Balavoine finalement peu différent de l’image qu’il donnait et a laissée au grand public : " Un être spontané, révolté par les injustices, la maltraitance où qu’elle soit. Et il agissait ", témoignent-elles, évoquant l’engagement de leur frère, du porte-parole improvisé de la jeunesse face à Mitterrand en mars 1980 (statut qu’il refusera toujours) au pionnier français du show-biz humanitaire.
" Très tôt, Daniel a été à la fois très rigolo et très lucide, note Claire. Sur les gens, le métier du spectacle ou la politique. Il avait choisi de s’en servir pour faire avancer ses projets. " Après les années de galère, entre 1972 et 1978, dont deux albums passés inaperçus, Marie-Françoise se souvient du premier concert à Lille : " C’était avant "Starmania", qui le fera connaître, se souvient-elle. Il interprétait "Le Chanteur", chanson à laquelle je ne comprenais rien ! Où voulait-il en venir ? " Claire garde en mémoire les vingt-cinq représentations de "Starmania" qu’elle a toutes vues.
Les chansons qu’elles préfèrent chez leur frère ne se trouvent pas forcément dans la quinzaine de tubes toujours très diffusés. " "Frappe avec ta tête" est une merveille à l’heure où il s’agit de rester debout, encore et toujours ", souffle Marie-Françoise. Pour Claire, c’est " Soulève-moi ".
Au Zénith de Pau en juin
" C’est un plaisir douloureux de parler de lui à chaque anniversaire, résume cette dernière. Il nous manque tellement, mais il est aussi tellement aimé. Chaque jour, je constate combien les chansons de Daniel se transmettent de génération en génération. " Et d’insister sur l’édition 2016 de Jazz’in collège, au Zénith de Pau, réunissant plus d’un millier d’enfants qui chanteront Balavoine en juin prochain.
Le chanteur est enterré à Biarritz, dans le cimetière de Ranquine. " Lui qui fuyait le show-biz dès qu’il le pouvait, il aimait aller marcher sur la plage, là-bas. Il soufflait pour mieux repartir. "
(1) Y trouveront également la mort le pilote François-Xavier Bagnoud, le technicien radio Jean-Paul Le Fur, Thierry Sabine, l’organisateur du Paris-Dakar, et la journaliste Nathalie Odent.
Daniel Balavoine, né le 5 février 1952 à Alençon et décédé dans un accident d’hélicoptère le 14 janvier 1986 à Dakar, aurait eu 74 ans ce 5 février 2026. Artiste engagé et créateur de tubes tels que «Mon fils ma bataille», il était, au moment de sa disparition, en pleine activité artistique et nourrissait un projet de relocalisation à Londres, où il cherchait une maison pour s’installer.
Né en Normandie, Daniel Balavoine passe son enfance et son adolescence entre la région normande et le Sud-Ouest — des étapes à Bordeaux, Biarritz et Pau qui, selon les éléments biographiques disponibles, ont contribué à façonner son imaginaire musical. Dans les années 1970, il monte à Paris pour tenter sa chance : studios, rencontres, projets divers. Progressivement, il s’impose comme une voix singulière de la chanson française.
Installé à Colombes, dans les Hauts-de-Seine, Balavoine transforme sa maison en véritable lieu de création. Rue Félix, il aménage un studio personnel qui lui permet de travailler à son rythme et d’expérimenter des sonorités nouvelles. C’est dans cet environnement domestique et technique que naîtront plusieurs titres marquants, dont «Sauver l’amour» et «Dieu que c’est beau». À cette période, sa notoriété dépasse le strict cadre musical : ses interventions médiatiques, notamment une émission télévisée avec François Mitterrand, et ses prises de position sur la jeunesse, la misère et l’Afrique font de lui une figure écoutée et discutée.
Un projet londonien en gestation
Au milieu des années 1980, Londres occupe une place particulière dans le paysage musical international : pop, new wave, innovations technologiques et studios de pointe y attirent artistes et producteurs. Daniel Balavoine manifeste un intérêt marqué pour cette scène et la technologie de production qui s’y développe. Selon les sources disponibles, il envisage alors de s’ouvrir à un public anglophone, d’enregistrer en anglais et de travailler avec des musiciens et producteurs anglo-saxons.
Cette ambition artistique s’accompagne d’un désir de changement personnel. S’installer à Londres représente pour Balavoine la possibilité de quitter une partie de l’exposition médiatique française et de repartir sur de nouveaux repères. Les informations rapportent qu’il ne cherchait pas seulement un pied-à-terre : il prospectait une maison, signe d’un projet d’installation durable plutôt que d’un simple séjour ponctuel en studio.
La dimension internationale de son projet se nourrit aussi d’une curiosité pour les formes visuelles et techniques de la musique contemporaine : clips, mise en scène, production audiovisuelle. L’intérêt pour les studios londoniens, réputés pour leur avance technologique, s’inscrit dans la volonté de Balavoine de faire évoluer son univers sonore et visuel, en s’inspirant des pratiques développées au Royaume-Uni.
La disparition du chanteur le 14 janvier 1986 met fin à ces démarches en cours. À 33 ans, malgré une carrière déjà marquée par des succès et une place singulière dans la chanson française, Daniel Balavoine préparait un projet de déménagement à Londres et cherchait une maison où établir une nouvelle base de travail.
C'était il y a vingt-cinq ans. Le 14 janvier 1986, la France apprenait, avec stupéfaction, la mort de Daniel Des ventes modestes. Les chansons de Balavoine se vendent doucement mais sûrement : près de 20000 disques par an, hors date anniversaire comme aujourd'hui. « Cette année, il faut y ajouter 6000 exemplaires de l'intégrale que nous avons ressortie en décembre, 25000 de la compilation », explique Eric Perchais, patron du catalogue chez Universal. Pas de quoi parler de phénomène. Et pour cause. Balavoine disparu après quelques années de carrière a, a priori, laissé peu de musiques inédites. « Ce sont ses enfants, Jérémie, 26 ans, et sa fille, Joana, née juste après sa mort, qui s'occupent de son héritage artistique. Tous deux sont musiciens mais ne se sont peut-être pas complètement plongés dans d'éventuelles archives personnelles », ajoute Bruno Haye, chef de projet chez Barclay. Les radios aiment, les télés moins. Sur la bande FM, les chansons de Balavoine n'ont pas d'âge. « Il reste parmi les cinq artistes les plus aimés par nos auditeurs, explique Frédéric Olivennes, directeur de l'antenne de Nostalgie. On le diffuse entre 4 et 6 fois par jour sur 16 titres différents, le Chanteur et Mon fils, ma bataille, en tête. Il a plusieurs périodes, qui peuvent toucher des gens très différents : l'époque Starmania, les succès populaires, les titres plus engagés... » Même chose chez France Bleu qui prévoit une journée spéciale aujourd'hui ou du côté de Chérie FM. « Il reste un artiste emblématique pour notre cœur de cible, les femmes de 25 à 49 ans », souligne Jean-Luc Vibert, le directeur d'antenne, qui le diffuse « 4 fois par jour en moyenne ». En revanche, les grandes chaînes de télévision ne se bousculent pas. On parle d'une prochaine émission hommage présentée par Jean-Pierre Foucault, sur TF 1, sans plus de précision.
Son association toujours active. Elle tient bon depuis vingt-cinq ans. L'association Daniel Balavoine poursuit l'action entamée au Mali par le chanteur avant sa disparition : l'irrigation des terres. « Nous avons permis à 23 villages et près de 50000 habitants de bénéficier de motopompes qui leur assurent 3 récoltes de riz par an », explique Claire Balavoine, la présidente et sœur du chanteur. L'association a également financé la construction d'écoles dans des campements touaregs pour près de 250 enfants. « Le tout sans aucune subvention. »
Bientôt réhabilité. La nouvelle chanson française, incarnée par Bénabar ou Vincent Delerm, ne s'est jamais précipitée pour citer l'une de ses chansons en référence. « Sa voix très particulière a beaucoup gêné ces artistes qui ne sont pas des chanteurs puissants », analyse Didier Varrod, journaliste, auteur du livre « le Roman de Daniel Balavoine » (Editions Fayard). « Mais je sens qu'il est en cours de réhabilitation. Quelqu'un comme Biolay commence à dire que, quand même, le Chanteur était une super chanson. Et puis avec des artistes comme Mika, le genre de voix haute à la Balavoine est revenu à la mode. » Du côté de la musique électronique, on ose davantage évoquer l’artiste et ses sons synthétiques. Même les très branchés Justice balancent parfois dans leur soirée DJ « Vivre ou survivre ».
Aujourd’hui, les chansons de Daniel Balavoine (ici en 1982 au palais des Sports) sont toujours diffusées sur les ondes.
Le journaliste et homme de radio et de télévision Didier Varrod, auteur d'une biographie très complète de Daniel Balavoine, "Le roman de Daniel Balavoine" (Fayard/Chorus), souligne que le chanteur, qu'il a bien connu, "avait un charisme fondamental" et voulait "s'inscrire dans une démarche citoyenne".
- Question : Quel souvenir gardez-vous de Daniel Balavoine ?
- Réponse : "Il avait un charisme fondamental qui n'était pas dû à son physique, plutôt ordinaire. C'était plutôt sa manière d'appréhender les gens, son humour, parfois carnassier, et son extrême curiosité. Il n'avait pas la langue dans sa poche mais était surtout éminemment vrai dans sa manière de considérer la musique, les gens et de faire ce métier."
- Q. : Comment envisageait-il son métier ?
- R. : "Une de ses obsessions, c'était de montrer que les artistes n'étaient pas des +branleurs+ et que derrière un album, il y avait de la réflexion, de la recherche et surtout l'impératif d'être à l'écoute des nouvelles technologies. Sa passion c'était d'abord la musique, en deuxième le son et en troisième les textes. Paradoxalement, aujourd'hui, on retient plus l'auteur que le musicien ou le producteur."
- Q. : On garde aussi l'image d'un chanteur citoyen.
- R. : "Quand on le rencontrait, on parlait d'abord de la promotion de ses disques. Il le disait sans cynisme mais avec réalisme: +On est là pour vendre, et plus je vendrai plus je serai libre+. Mais ça débordait vite car pour lui, la musique était un vecteur et un chanteur devait s'inscrire dans une démarche citoyenne et sociétale. La chanson était là aussi pour émettre une idée efficacement, en 3 minutes, et la faire passer chez Guy Lux, les Carpentier ou Danièle Gilbert. Les trotskistes appelaient ça de l'entrisme!"
- Q. : Le manque de considération de la la presse rock le gênait-il ?
- R. : "Il en était blessé. Higelin, Lavilliers, Couture, puis Daho, les Rita Mitsouko, Axel Bauer, Lio: tous avaient des papiers dans la presse rock, et pas lui. Il disait: +S'il y a bien un enfant du rock, c'est moi. Mes fondamentaux ne sont pas Ferré, Brassens ou Brel, mais Yes, Genesis, Peter Gabriel ou Talking Heads+. Le portrait que lui a consacré l'émission Les Enfants du rock en 1984 a été déterminant, il l'a pris comme la fin de ses +emmerdes+!"
- Q. : Il voulait aussi rivaliser avec les Anglo-saxons ?
- R. : "Il adorait le football, notamment Saint-Etienne, et empruntait cette terminologie pour dire: +On est en deuxième division. On est capable d'avoir des interprètes, de faire des grands shows à la télévision, pas d'avoir des labels jeunes, dynamiques, ni d'anticiper les évolutions technologiques+."
- Q. : Pourquoi peu d'artistes actuels se réclament-ils de lui ?
- R. : "Il a été vraiment populaire en 1979 et est mort début 1986. Six ans au sommet, ce n'est probablement pas assez pour marquer une démarche, une intention. Les gens n'ont retenu que les chansons et le personnage +politique+."
- Q. : Comment aurait-il pu évoluer artistiquement ?
- R. : "Dans sa musique, on entend un peu les sons échantillonnés venus de l'Extrême-Orient ou du Maghreb, mais c'était en devenir. Je pense qu'il aurait mis à profit ce concept de +sono mondiale+ les années suivantes. Un mec comme Moby l'aurait sans doute passionné: un citoyen engagé, qui vient de la techno mais a mélangé beaucoup de choses. D'un autre côté, il s'interrogeait souvent sur le fait de devenir un vieux chanteur."
Il est devenu, en l'espace de dix minutes, un chanteur à idées le 10 mars 1980, en présence de François Mitterrand. Il avait dit ce jour-là qu'il s'intéressait davantage aux conflits actuels qu'à la guerre de 40 et que ce que Georges Marchais avait déclaré et fait la semaine passée, lui paraissait plus important que sa conduite pendant l'Occupation. Sous le regard surpris du futur quatrième président de la V° République, il avait ajouté qu'en politique le choix ne s'opérait pas entre gens honnêtes et gens compromis, mais entre compromis de gauche et compromis de droite. Beau joueur Mitterrand avait répondu qu'il fallait que tout le monde s'exprime et que cela lui paraissait normal de remettre les hommes politiques en question.
C'est Jacques Attali qui avait eu l'idée de faire venir l'auteur de « Je ne suis pas un héros » à la télévision en même temps que celui qui n'était encore que le Premier secrétaire du parti socialiste. Balavoine s'était fait tirer un peu l'oreille : « Comment voulez-vous que je parle au nom de la jeunesse ? A trente ans on n'est plus un jeune. On est jeune quand on ne sait rien ».
Par la suite, les socialistes essayèrent vainement de le récupérer, sans pour autant qu'il allât jusqu'à les désavouer : « C'est vrai que je me sens mieux avec ces gens-là qu'avec les autres. Mais je trouve Mauroy lourdement autoritaire, Fabius me dérange, Badinter ne m'enthousiasme pas et je suis très déçu sur le plan des radios libres. N'importe qui devrait avoir le droit d'en créer une et de pouvoir en vivre. Et puis j'ai l'impression que les affaires gênantes continuent à être enterrées et que la « politicaillerie » n'a jamais aussi bien marché. »
Les princes qui nous gouvernent ainsi que ceux qui ne se consolent pas d'être détrônés n'ont aucune indulgence à attendre de lui. Sa première déception remonte à juin 68. « J'ai cru pendant un peu plus d'un mois qu'il s'agissait d'un événement vraiment important et que ses porte-parole avaient envie d'autre chose que d'être connus ». La révolte n'était pas finie que le chanteur déchantait. Sa déconvenue continue : « Rien ne me gêne davantage que les objectifs qu'on se fixe. Par exemple la relance par la consommation. On manque de belles et nobles ambitions comme la paix mondiale, comme l'interdiction aux pays riches d'affamer les pays pauvres pour leur imposer une idéologie. Devant les abus et les massacres on reste sans réaction. La radio et la télévision nous font bouffer du mort dix fois par jour, sans qu'aucun d'entre nous songe à lever le petit doigt ».
Ce dégoût l'habite depuis longtemps. Mais il n'y a que depuis deux ans que la nécessité de mettre en accord ses actes et ses pensées s'est imposée à lui : « Quand à vingt-neuf ans on a la chance, comme moi, de gagner du fric et de pouvoir donner son opinion, il ne faut pas avoir peur de parler quoi qu'il vous en coûte. Je ne me prends pas pour Jésus, mais si mon discours ne devait informer qu'un seul type il serait nécessaire.
« Les impôts le chagrinent moins que la destination que l'Etat leur assigne : « Oui je fais partie des cent huit mille surtaxés et je ne pleure pas tous les matins en me réveillant. Ce qui m'insupporte c'est que les riches ne paient pas pour alléger les charges fiscales des pauvres mais pour compenser la dérobade des fraudeurs ». Son sens civique et sa passion des belles voitures se livrent un combat sans merci : « Parce que j'hésite à brûler trop de carburant, je limite l'usage de ma bagnole aux week-ends et aux vacances. Je me console en me disant qu'un chanteur ne doit jeter de la poudre aux yeux que sur scène.
Dans la grande maison sept pièces, entourée d'un beau jardin avec des arbres qu'il vient d'acheter à Colombes, il ne vit pas seul. « J'ai une compagne, une fille, une moitié, une mère, bien que nous ne soyons pas mariés, bref une demoiselle qui partage mon existence mais dont je ne suis pourtant pas le chanteur préféré ». Professionnellement, il donne du travail à dix-sept personnes, dans un climat libéral fondé sur la concertation et sur un certain sens de l'égalité : « Mes musiciens ne sont pas à vingt mètres derrière moi et je ne porte pas de paillettes quand ils ont des costumes noirs ». Son humilité et son altruisme s'arrêtent là. Il a rempli tout seul l'Olympia pendant cinq jours et, en juin prochain, il ne faudra pas chercher d'autre nom que le sien sur l'affiche du Palais des Sports : « Pas question de me produire dans le spectacle de quelqu'un d'autre. J'ai toujours eu envie de chanter pendant une heure et demie. Si je bénéficie aujourd'hui de quelques privilèges, je ne les dois qu'à moi-même ».
Ses galons il les a gagnés un à un comme chanteur de bal : « On ne travaillait que le samedi et le dimanche. Le reste du temps je glandais ». Parce qu'il ne supportait pas la dictature des directeurs artistiques, il s'est arrêté de chanter pendant deux ans et il est devenu le choriste de Patrick Juvet : « Je regardais, j'écoutais, j'apprenais mon métier et j'attendais mon heure ». L'heure est venue mais elle ne durera pas jusqu'à son dernier souffle : « Je ne vais pas courir à perpétuité après les applaudissements. Entre nous, la chanson est un produit bâtard, une poésie ratée que l'on plaque sur une symphonie ratée. Ça ne vaut pas qu'on y consacre toute son existence. Je ne ferai pas d'adieux parce que je me méfie des retours. Je ne dis pas que je ne ferai pas à nouveau l'Olympia dans vingt ans. Je dis que je ne le ferai pas pendant vingt ans."
Il déborde de projets qui n'ont rien à voir avec ses activités actuelles. Dans dix ans, c'est promis, il s'attaquera à un grand roman. « Je rêve d'une belle histoire que les lecteurs dévoreraient d'une seule traite jusqu'à la dernière page ». Il a également envie d'écrire dans les journaux : « Je crois avoir des qualités de pamphlétaire puisque chaque fois qu'il se passe quelque chose d'important, je réagis tout de suite et je réfléchis après. »
Le reste de ses années sabbatiques sera consacré à la lecture. Déjà il parle davantage de Kafka et de Camus que de Stark et de Mathieu. Le cinéma le tente aussi : « Pour rigoler. Pour le plaisir d'être un autre mec après le clap. » Dix ans passés chez les curés lui ont fait perdre la foi, mais pas ses réflexes : « Je ne crois plus en rien mais je me surprends de temps à autre à parler du Bon Dieu. C'est le grotesque des textes et de la liturgie qui m'a éloigné de la religion, et aussi la certitude que le Dieu de quatre cents millions de chrétiens n'avait aucune raison d'être meilleur que le Dieu des musulmans ou des juifs. »
Compositeur de chansons à succès, il ne connaît pas les notes. Il joue « à la feuille », mémorise sur un magnétophone et fredonne à l'oreille de ses arrangeurs les airs qui lui passent par la tête. Pour la première fois, il a vraiment envie d'avoir des enfants : « J'ai passé la crise que connaissent ceux qui s'interdisent de procréer sous prétexte que l'avenir est sombre. Je trouve bien prétentieux d'affirmer que le monde va disparaître après nous. Quelles que soient les guerres, il y aura toujours plus de survivants que de morts... » Voir. ■
En 1978, quand Le chanteur explose sur les ondes, il y a déjà dix ans que Daniel Balavoine galère. Revenons donc six ans en arrière.
Mai 1968 : Daniel a 16 ans (il est né le 5 février 1952 à alençon). Il est lycéen à Pau. La politique l'attire. Il participe activement au mouvement étudiant. Mais les discours de ses dirigeants le déçoivent vite; Daniel se tourne vers la musique. Avec son groupe Les Shake's de Pier Canto, il anime chaque fin de semaine les bals de sa région du Sud-Ouest. Puis il joue avec une première formation Réveil, puis rencontre les membres de Présence.
En 1970, le groupe Présence, alors composé de neuf membres dont le chanteur était Erick Saint Laurent, avait déjà enregistré un 45 tours chez Vogue, dans la série "Pop Music". Il avait également participé à la compilation "Music Evolution" en compagnie de Martin Circus, Balthazar et Blues convention.
Après l'échec commercial de leur premier 45 tours, les membres de Présence s'étaient séparés. Deux rescapés de cette première formation : Daniel Darras (claviers, vocal et cuivres) et Daniel Baudon (batterie) ayant fait la connaissance de Michel Cohen (basse) et de Alain Crépin (lead guitare, citare) rencontrent alors Daniel Balavoine (lead vocal, guitare). A cinq, ils enregistrent chez Vogue, en 1971, un 45 tours : Le jour s'est levé / La Lumière et la Folie, dont les musiques sont signées Daniel Balavoine. Le disque reçoit un accueil assez favorable dans les clubs, mais les radios le boudent. Les cinq garçons, managés par Jacques Améziane (également manager de Triangle, Zoo, Total Issue, Daydé…), achètent un camion et donnent des galas dans toute la France. Ils jouent au Golf Drouot, au Gibus Club, participent à l'opération "Promo Pop 72" lancée par Best avec la participation de la maison de disque Vogue.
DANIEL BALAVOINE
Daniel Balavoine a dit : "Je n'aime pas les souvenirs… D'ailleurs ils sont faux. La mémoire ne restitue que ce que l'inconscient veut bien laisser passer. Elle déforme, elle triche, elle ment". Sans doute est-ce pour cette raison qu'il est encore si difficile de parler de lui deux ans après sa disparition en Afrique. Et c'est pour cela que nous n'avons voulu inclure dans cet article aucun souvenir personnel. Nous avons seulement essayé, à partir de documents d'archives que nous avons pu rassembler, de retracer le plus précisément et le plus objectivement possible la carrière d'un artiste, même si, s'agissant de Daniel Balavoine, il est souvent possible de dissocier l'homme du chanteur, tant il était lui même dans tout ce qu'il faisait.
En mars 1975, c'est la sortie du premier LP de Daniel : De vous à elle en passant par moi. Déjà on remarque une unité dans les thèmes : le disque est consacré aux femmes qui ont traversé la vie de son auteur. La présentation est très soignée : on a droit à une superbe pochette, dans le style carte postale rétro, sur fond argenté. Au recto, on découvre une fillette blonde, dans un landau coquille d'oeuf couvert de fleurs, tiré par des agneaux enrubannés. Au verso, Daniel apparait en blouson en jean fatigué, les mains croisées sur une couronne de fleurs. Pour la sous-pochette, sur laquelle figure les textes des chansons, sa tenue vestimentaire est tout à fait différente (gilet-cravate, contrastant avec sa chevelure très longue).
On retrouvera ces deux photos de Daniel sur les deux pochettes différentes du 45 tours extrait de l'album : Evelyne et moi / Vis loin de moi, paru sous deux références différentes.
En 1975 toujours, sort un autre 45 tours : Vienne le pluie, dont la pochette rappelle une oeuvre du peintre Magritte qui avait déjà inspiré Patrick Juvet pour la pochette de l'album Chrysalide. En face B de ce single La tête en bas est un titre qui ne figure sur aucune réédition ou compilation. A la même époque, Daniel produit le groupe Mélodie S.A. dans lequel chantent ses frères et dont il est directeur artistique. Mélodie S.A. sera plusieurs fois mentionné sur des disques de Daniel Balavoine et aussi de Catherine Ferry (Julia mon coeur, Petit Jean, ces chansons ayant d'ailleurs été écrites par Daniel, ainsi que beaucoup d'autres titres interprétés par Catherine Ferry au cours des années suivantes). Mélodie S.A. enregistre un 45 tours sur lequel on trouve le morceau déjà interprété par Richard Anthony, Et je m'en vais, avec en face B Si peu d'été, composé par Guy Balavoine et Patrice Shreider.
C'est en avril 1977 que sort le deuxième album de Daniel Balavoine Les aventures de Simon et Gunther, 33 tours entièrement consacré au Mur de Berlin. L'idée en est venue à Daniel au cours d'un voyage de quatre jours effectué en Pologne en 1976. Dans une interview accordée au journal Les Nouvelles Littéraires, il raconte: "Sur les plateaux de la télévision, j'ai d'abord rencontré un chanteur dont le rêve était d'aller chanter à Paris, à l'Olympia, mais qui ne le pouvais pas… Puis dans la ville, j'ai constaté de drôles de choses. Dans mon hôtel, j'ai vu des gens qui vendaient clandestinement des revues pornos. Dans les grands magasins, j'ai vu des rayons avec mille fois la même paire de gants ou le même imperméable… ça m'a remué le coeur, je me sentais mal, j'ai eu envie de gueuler. Ce disque est né de là ".
Il raconte l'histoire de deux frères, Simon et Gunther Stein, que le Mur a séparé et qui échangent une correspondance. Pour la réalisation de cet album, Daniel a obtenu de sa maison de disques la liberté totale dans le choix des musiciens.
Autour de lui, on trouve déjà les futurs membres du groupe Clin d'Oeil. "Je ne veux plus d'arrangeur", dit-il alors. "Les musiciens participent aux arrangements dans la mesure où nous sommes en dialogue constant. Ils peuvent même co-signer certains titres avec moi… On fait un travail d'équipe. Chaque musicien a son instrument". On retrouvera cette démarche dans tous les albums suivants.
Les Aventures de simon et Gunther ne constituent pas un gros succès commercial. Une chanson toutefois permet à Daniel de connaître un début de notoriété : Lady Marlène qui sera éditée en 45 tours. Dans Ma musique et mon patois Daniel s'élève déjà contre l'idée que les anglo-saxons sont les seuls à pouvoir faire des concepts-albums et de la musique rock. Pendant des années, il se battra pour faire admettre au public et aux journalistes de la presse spécialisée qu'on peut faire de la rock music en France sur des textes français. "On donne le meilleur de nous-même, on fait une musique volontaire, qui n'est pas une simple copie conforme des vieilles traditions françaises… Mon ambition est de faire reconnaître une excellente musique rock française où les mots sont au service de la musique".
Mais revenons en 1977. Cette année-là, Daniel participe comme choriste à l'album d'Alain BashungRoman photos en compagnie de Dany Darras, ancien membre de Présence.
Puis il rencontre Michel Berger, qui depuis 1976 travaille avec Luc Plamondon sur le spectacle musical Starmania . Michel Berger offre à Daniel le rôle de Johnny Rockfort, chef d'une bande de loubards de la banlieue Nord. Le double album paraît en avril 1978.
Les radios en diffusent chaque jour des extraits, chantés par Daniel Balavoine Quand on arrive en ville, Fabienne ThibeaultLes uns contre les autres ou Diane DufresneLes adieux d'un sex-symbols. Mais sur l'album ne figure qu'une partie de la musique de Starmania.
La version intégrale sera montée sur scène en 1979 (du 10 avril au 3 mai au Palais des Congrès de Paris et le 29 juin au Stade Olympique de Montréal). Les rôles principaux sont tenus par les mêmes artistes que sur le disque. Le spectacle est mis en scène par Tom O'Horgan metteur en scène de Hair et de Jésus Christ Super Star aux USA. Les costumes éblouissants sont réalisés par Randy Barcelo. 100 000 spectateurs verront Starmania à Paris. Un quadruple album live sera tiré du spectacle. Dans ce coffret, on peut notamment trouver S.O.S d'un terrien en détresse chanson composée spécialement pour la voix de Daniel et dans laquelle celui-ci effectue une prouesse vocale remarquable. A tel point que lorsqu'on montrera Starmania au Canada, il faudra en changer la mélodie pour que l'artiste québécois qui jouera le rôle de Johnny Rockfort puisse l'interpréter.
Parallèlement au succès de Starmania, Daniel publie en 1978 la 45 tours : Le français est une langue qui résonne / Je suis bien. Puis, c'est l'album Le chanteur à propos duquel Daniel avait dit : "Si je n'en vends pas 30 000 exemplaires, je m'arrête".
La suite, on la cannait… Interrogé sur la façon dont il conçoit ce nouveau LP Daniel explique : "C'est l'aboutissement de mes deux premiers. Je me situe moi-même comme un musicien-chanteur, et actuellement je suis dans un groupe… qui participe à la création, uni et techniquement au point. Je crois que les parties vocales et instrumentales sont équilibrées. Andy Scott m'aide beaucoup. Il a fait un travail de recherche de micro impressionnant, pour la prise de voix notamment". Andy Scott, l'ingénieur du son, l'ami. C'est lui L'oiseaux de nuit dont parle Daniel dans un des titres de son album. Andy Scott qui était déjà présent à l'époque de la collaboration avec Patrick Juvet. Andy Scott qui sera là pour tous les albums de Daniel. Deux titres extraits de ce troisième album feront gravir à Daniel les marches du succès. Le chanteur bien sûr, et Lucie. Sur la face B de ce 45 tours, on retrouve S.O.S d'un terrien en détresse extrait de l'enregistrement public de Starmania.
1979 sera une année importante. Après Starmania au Palais des Congrès, Daniel fait sa première expérience cinématographique dans la film Alors heureux ? de Pierre et Marc Jolivet, mis en scène par Claude Barrois et produit par Claude Lelouch. Il y joue le rôle d'un brancardier à l'humour grinçant. Il compose également la musique de ce film qui, arrangé et jouée par le groupe Clin d'oeil, fera l'objet d'un LP édité chez Barclay en 1980; Daniel y interprète la chanson du générique: Alors heureux ?.
Le 4 août 1979, il partage la vedette de l'émission télévisée Numéro 1 avec Louis Chédid. Au moi d'octobre, il publie son 4 ème 33 tours "Face amour, Face amère".
On y retrouve les musiciens qui travaillent avec Daniel depuis plusieurs années : Patrick Dulphy (guitares acoustiques), Hervé Limeretz (claviers), Roger Secco (batterie et chant), Bernard Serre (basse, chant et microsynthétiseur), Colin Swinburne (guitares électriques), Patrick Bourgoin (cuivres), Jean-Paul Batailley (batterie, percussions), Guy Balavoine (choeurs) et toujours Andy Scott à la prise de son.
La nouveauté c'est que le nom de Clin d'oeil apparait enfin sur la pochette. Sur la face amère de l'album Daniel redevient même choriste pour laisser Clin d'oeil interpréter Pauvre Bobby. Puis le groupe assurera la 1 ère partie du spectacle. Car la scène manque à Daniel. Il dit : "J'en ai besoin comme j'ai besoin d'oxygène". C'est là qu'il pourra vraiment prouver ses qualités musicales. Avec son orchestre il soigne tout : le décor, le son, l'éclairage. Et le premier gala a lieu, le 24 novembre, au Théâtre Sébastopol de Lille. "Devant sa maman, son producteur Léo Missir, ses copains montés en force de Paris et 300 supporteurs Lillois inconditionnels", raconte le lendemain J.M. Sourgeons dans La voix Nord. "Un peu brouillon, pas très au point, crispé au début, moins coincé ensuite, presque professionnel vers la fin. Mais sympathique de bout en bout… il a bien rempli son contrat… il est parti sous les bravos nourris mêlés à quelques exclamations désappointées".
Trois 45 tours seront extraits de l'album, avec en face A : Me laisse pas m'en aller, Dancing samedi et Tu me plais beaucoup.
Du 31 janvier au 2 février 1980, Daniel et Clin d'oeil occupent l'Olympia ; la presse est unanime pour reconnaître leurs qualités scénique : c'est une consécration.
Beaucoup moins unanimes seront les réactions après l'intervention de Daniel sur le plateau du Journal Télévisé d'Antenne 2 le 16 mars 1980. Ce jours-là, face à François Mitterrand, alors premier secrétaire du parti socialiste, il se fera le porte-parole de la jeunesse, réclamant pour elle le droit au désespoir.
Huit mois plus tard, le 15 novembre, l'émission Numéros 1 consacrée à France Gall et Michel Berger réunit Alain Bashung, Jacques Higelin, Alain Chamfort… et Daniel. Il y interprète Mon fils ma bataille extrait de son tout nouveau LP. Le sujet est d'actualité. Daniel a été très impréssionné par le film Kramer contre Kramer. Sa chanson remporte un gros succès populaire.
Le nouvel album s'intitule Un autre monde . A travers le graphisme et la photo de la couverture, Daniel veut nous faire découvrir la fascination qu'exerce sur lui la Chine. Laissons-le nous parler de ses nouveaux titres (interview accordée au journal Hit) : "Dans mon nouveau disque, je suis tour à tour père de famille, coureur de fond, robot, détournenr d'avion. a chaque fois, je m'intègre dans mon personnage et c'est ça qui me plaît. Il y a des chanteurs qui se chantent eux-mêmes et qui racontent leurs amours tout au long de leur carrière. Moi, je préfère changer de peau".
Il faut également signaler que Je ne suis pas un héros a d'abord été composé pour Johnny hallyday (qui l'a d'ailleurs enregistrée sur son LP A partir de maintenant). L'album, qui comprend aussi un duo avec Michel Berger : Bateau toujours, et se termine par un morceau instrumental, pendant lequel on entend un extrait d'un discours de Mao Tsé Toung.
On retrouvera la même empreinte de la Chine à l'Olympia, du 10 au 14 mars 1981 (et non 15 mars comme initialement prévu). Daniel, ses musiciens, les techniciens, le personnel de l'Olympia… tous ont revêtu des costumes bleu de Chine. Le fond de la scène est occupé par un énorme appareil photo. Balavoine et Clin d'oeil offrent au public un spectacle marathon parfaitement réglé. Mais si les spectateurs sont conquis, les critiques sont partagées. Chaque soir, Michel Berger rejoint son ami sur scène pour Bateau toujours. C'est aussi lui qui, au cours de cette semaine, remet à Daniel son premier disque d'or.
Un double album live du spectacle de l'Olympia sort en décembre 1981. Les acheteurs des premiers pressages de ce Balavoine sur scène se voient offrir un mini-appareil photo montrant 14 vues du spectacle. Une idée originale. Un 45 tours est extrait de cet album, avec les titres: La vie ne m'apprend rien et Allez hop !.
Toujours en 1981, Daniel participe au "Mai de la Chanson française"; le 22 octobre il donne un concert au profit d'Amnesty International dans le cadre des "100 artistes pour les Prisonniers d'Opinion". En novembre il est L'invité du Jeudi de Didier Lecat sur Antenne 2; et il finit l'année par une tournée en France et en Belgique.
En avril 1982, il nous présente son nouveau LP Vendeurs de Larmes. On y voit apparaître de nouveaux musiciens : Christian Padovan (basse), Yves Chouard (guitare) et Jo Hammer (batterie). Enregistré à Ibiza, cet album se compose d'un 33 tours et d'un maxi 45 tours. Au total 13 chansons, qui sont autant de regards sur la vie. "Et pour faire un disque, il faut avoir fait tant de chemin…/Regarder le monde, et admettre qu'on n'est presque rien…/ la vie c'est la vie." De cet album, pour lequel Daniel obtiendra le Prix Diamant de la Chanson Française, sont tirés 45 tours : Vivre ou Survivre. (même exposé aux flèches); Vendeurs de larmes , pour lequel on a repris la photo de la sous-pochette de l'album (ce superbe cliché d'un Daniel angoissé servira aussi de couverture au pressage canadien de l'album) et enfin Soulève-moi, sur la pochette duquel Daniel prend une mappemonde à bras-le-corps.
Fort de toutes ces nouvelles chansons et de son nouveau groupe, soutenu par la confiance de ses producteurs, il se lance dans l'aventure du Palais des sports qu'il occupe du 9 au 13 juin. Il a insisté sur la mise en scène, habillé la scène de 800 projecteurs, de stores vénitiens et d'un écran sur lequel sont projetés diapos et films. Pari audacieux que de vouloir remplir cette salle pendant cinq jours, surtout quand on sait que durant la même période, Simon & Garfunkel, et les Rolling Stones se produisent à l'Hippodrome d'Auteuil. "Tant pis pour Mick Jagger" dira Daniel avec humour. "Le Palais des Sports est plein, le pari est gagné."
Avant de promener son spectacle en province, ce qu'il fera au cours d'une tournée de 50 villes à l'automne 1982, Daniel apparait por la deuxième fois au cinéma dans un film de Michel Vocoret : "Qu'est ce qui fait craquer les filles ?". Il y fait une courte apparition dans le rôle d'un client de l'hôtel tenu par Guy Montagné. A leurs côtés: Georges Descrières, Gérard Hernandez, Katia Tchencko, Darry Cowl…
En janvier 1983 il participe pour la première fois au rallye "Paris-Dakar". Au cours de cette année, il enregistre avec Frida, Fabienne Thibeault, Plastic Bertrand, Catherine Ferry… le conte musical "Abbacadabra" écrit par Alain Boublil, sur des musiques du groupe Abba. Le duo que Daniel chante avec Frida Belle fait l'objet d'un 45 tours, avec sur la face B C'est fini, chanson extraite de l'album Vendeurs de larmes. Abbacadabra" est diffusé sur TF1 pour Noël.
En 1984, Daniel signera une chanson pour Frida "The Face"
Au cours du dernier trimestre 1983, pendant quelques semaines, Daniel anime quotidiennement une émission magazine sur la radio parisienne 95.2 FM. Le 23 octobre, il est sur TF1 l'invité de l'émission "7 sur 7". Il commente à chaud les événements drapatiques survenus au Liban et prend violemment position contre tout pouvoir politique ou militaire. Ses propos choquent. Il s'attire l'hostilité des anciens combattants. Sa franchise dérange et agace.
Puis c'est la commercialisation de son septième 33 tours studio Loin des yeux de l'occident. Cette fois Daniel est allé enregistrer en Angleterre et en Ecosse. Il a travaillé différemment, a utilisé des computers et des programmations, a inclus des percussions africaines dans ses compositions. Un musiciens a rejoint l'équipe Alain Pewzner (membre de Martin Circus) dans les années 70). Le photo de la pochette symbolise l'ouverture aux autres et le rapprochement des races. Plus que jamais, Daniel prouve qu'il est à l'écoute de son temps. Les textes traitent de sujets importants: la condition humaine (Pour le femme veuve qui s'éveille), les dictatures d'Amérique du Sud Revolucion, la torture (Frappe avec ta tête chanson dédiée à l'écrivain Miguel Estrella), la drogue (Poisson dans la cage.). Le titre Partir avant les miens. que les événements futurs éclaireront douloureusement, a été enregistré chez Patrick Moraz, qui a travaillé avec Yes et les Moody Blues. Daniel peut être fier du résultat, même s'il affirme ne pas en être le seul responsable, car plus que jamais il s'agit d'un travail de groupe. Cette fois, il se classe incontestablement parmi les Grands.
Pour être au complet au niveau de la discographie, il faut encore signaler qu'en 1983 Daniel apparaît sur l'album de Michel Berger "Voyou" (il y fait la deuxième voix dans "La minute de silence") et sur celui d'Yves SimonUSA-USSR (il redevient choriste pour "J'pense à elle tout le temps").
Au début de 1984, il promène ses nouvelles chansons à travers la France. Au cours de cette tournée, il donne à l'un de ses musiciens, Philippe Patron, la chance que lui avait offerte Patrick Juvet à ses débuts, en lui permettant d'interpréter deux chansons au cours du spectacle. Philippe Patron a enregistré ces deux titres. La musique de la face B, Les yeux fermés a été composée par Daniel. Philippe n'aura pas le temps de connaître le succès. Il meurt accidentellement en septembre de la même année.
Le 2 avril, Daniel est au Printemps de Bourges. Plus de 4000 personnes assistent au concert qu'il donne sous le grand chapiteau de la place Séreaucourt. (Il était d'ailleurs pressenti pour une nouvelle participation à ce festival en 1987, pour un co-récital avec Jeanne Mas). Durant l'été paraît le 45 tours Dieu que c'est beau. (Frida chante dans les coeurs) avec en face B la version instrumentale de La muraille. Quelques mois plus tard, le 4 novembre, on trouve "Dieu que c'est beau" en 47e position du tout premier Top 50. En septembre, "Les enfants du Rock" consacrent à Daniel un reportage intutulé "Le chanteur en état de marche". Et du 20 au 30 septembre, c'est son second Palais des Sports. Dans un décor sobre, éclairé par un procédé nouveau qui permet une infinie variété de tons, Daniel y donne la pleine mesure de son talent. Tout au long de ces concerts, il marque des ponits et cette fois, " même le Tout-Paris se lève pour prolonger le combat". Ce spectacle donnera lieu à l'enregistrement d'un double album live: "Balavoine Au Palais des Sports" .
En janvier 1985, il entreprend son second "Paris-Dakar" comme co-équipier de Jean-Luc Roy sur la Tayota N°220. Contrairement à 1983, il fait cette fois le Rallye de bout en bout (malgré une panne de moteur à 10 mètres de l'arrivée). A dakar, l'équipage Roy-Balavoine se classe 30ème. Tout au long de ces semaines, si Daniel remplit son rôle de navigateur en vrai pro, il éprouve un profond choc culturel en découvrant l'Afrique. Et s'il y est venu par passion du sport, il sait dèjà qu'il y reviendra pour apporter son aide à cette région du monde où tant de choses sont encore à faire.
En juillet, il est l'un des 80 000 spectateurs qui assistent à Wembley, au concert "Live Aid" organisé par Bob Geldof. Il regrette l'absence de participation française à cette opération. Il s'investit dans "Action-Ecole" et participe le 16 octobre, au concert "Chanteurs Sans Frontière" donné à La Courneuve. Et même si la faute en incombe surtout à l'organisation, Daniel (comme beaucoup d'autres artistes) constatera avec amertume le relatif échec de cette manifestation.
En octobre toujours, paraît le dernier album de Daniel Balavoine "Sauver l'Amour". Cri d'alarme sans doute, mais plein d'espoir. Sentiment profond, conviction que "la notion d'amour est en train de dépérir et que pourtant elle est la clé de tous les problèmes… dans ce monde où le plus beau reste à faire". Ce message Daniel nous le renvoie à travers le miroir de la pochette, derrière lequel son visage s'efface comme pour nous passer le relais. Les textes sont forts: Tous les cris, les S.O.S, Sauver l'amour, Aimer est plus fort que d'être aimé, etc. Un enfant assis entend la pluie est consacrée aux problèmes posés par la sécheresse en Ethiopie. Les droits de cette chanson seront versés pour l'Afrique.
L'Aziza est le premier 45 tours extrait de l'album. Il entre au Top 50 dès le 24 novembre. Il y tiendra la première place pendant les deux premiers mois de l'année 1986 (ce titre fait l'objet d'un clip réalisé par Olivier Chavarot). A travers cette chanson, Daniel lance un appel au rapprochement des races: "Je ne suis pas contre le racisme, je suis pour les races. Il faut arrêter de dire aux gens qu'il n'y pas de fossé entre les races. Il faut leur apprendre qu'un fossé ça peut se franchir".
Pour L'Aziza, Harlem Désir remet à Daniel le prix "S.O.S. Racisme", lors de la Fête des Potes au Bourget le 7 décembre.
Mais si ce dixième album est sans doute le plus achevé au niveau des textes, il représente aussi une nouvelle façon de travailler la musique. Il a été enregistré en Ecosse avec de nouveaux musiciens : Matt Clifford (claviers), John Woolloff (guitares) et toujours Jo Hammer (batterie). Daniel a recherché une autre forme de son. Il l'a trouvé à travers le Fairlight, avec l'aide de Jo et Andy Scott. "Ce qu'il y a de fantastique, c'est qu'avec un tel instrument, il n'y pas de limite. Nous ne sommes prisonniers de rien".
En janvier 1986, Daniel a la tête pleine de projets. En mars, il doit partir en Angleterre pour y enregistrer avec ses musiciens un 45 tours qui ne sera pas un nouveau disque de Balavoine, mais celui d'un groupe. Ce sera un produit purement anglo-saxon, destiné aux anglo-saxons. En octobre, il doit de nouveau se produire au Palais des Sports.
Pour le moment, il s'engage dans le "Paris-Dakar, Pari du Coeur". Comme il l'a décidé l'année précédente, il retourne en Afrique pour amener aux populations de là-bas l'aide nécessaire à leur survie. Il emmène avec lui cent pompes à eau. Il veillera lui-même à leur installation.
Le 14 janvier 1986, c'est l'accident… Le silence s'est installé. Et même si Daniel Balavoine est toujours avec nous, quelque part
il nous manque. Cruellement.
De vous à elle en passant par moi,
Daniel Balavoine, 1975
le trésor de la DISCOTHÈQUE
L'un des albums les plus sophistiqués de la pop française. Ni plus, ni moins.
On sent le jeune Balavoine affamé (23 ans ! Mon fils !), c'est son premier album, en train de régler son compte à son background prog rock. Il en met partout... Et a raison. Même si c'est un bide. Quoique somptueux, le bide : compositions alambiquées, saturées d'harmonies choisies (diminuées, maj9, basses obstinées), de time signatures cheloues, de mises en place choisies, de cordes risquées, de cascades vocales virtuoses mais... Qui à l'époque fait ça ? Christophe, un peu. Juvet, ok. Sanson, aussi. Sheller, ouais. Mais là, c'est les Fireworks d'Haendel pour les nuls... Certes, rayon texte, on est dans la neutralité la plus absolue mais qui ne gêne jamais l'audition. Au moins, c'est pas nul à chier. C'est le principal.
Il suffit d'ailleurs de poser la question très Vercingétorix: «De quoi ça parle ?»
Réponse: «Je ne sais pas.» Et, fondamentalement, devant la représentation nationale, j'en ai rien à foutre. Ça démoule, ça avance, ça coule entre les oreilles...
Spéciale dédicace au batteur comme d'hab', qui dégomme deux-trois araignées dans les coins.
Le soleil faisait l'une de ses premières apparitions mardi dernier.
L'heure légère, l'âme en goguette Anne et moi-même (au volant) descendions les Champs Elysées en direction de nos rendez-vous respectifs. Soudain, à un feu rouge une tête brune agrémentée d'un franc sourire s'agite à l'intérieur d'une Mercedes vert pâle. Nous reconnaissons sans peine Daniel Balavoine qui nous invite à déjeuner à la Coupole, invitation que nous déclinons à regret. Alors qu'un café à trois heures et demie, nous sommes plus ou moins tenues de la barquette. « Tu y vas, j'y vais, nous y allons, ce n'est pas raisonnable, nous hésitons». Les Tuileries descend pour se rendre à quelque rendez-vous galant en m'assurant qu'elle sera à la Coupole à trois heures et demie.
Trois heures. J'arrive toutes voiles dehors à la Coupole. Je cherche mon idole du regard. Eureka ! Je l'aperçois devant un appareil fixant son portrait pour l'éternité. Des tas de gens sont assis autour de lui. Daniel, éparpillés comme des fleurs. Daniel me regarde, l'air surpris. « Oh, tu es là, je plaisantais, je ne m'attendais pas du tout à (dit-il en regardant sa montre). D'ailleurs tu es en avance ! « Très bien d'amour étant la seule porte de sortie (ou plutôt, je t'en prie, assieds-toi).
S'asseoir quand il n'y a ni chaise ni place sur la banquette vous met dans une situation pour le moins gênante. Un monsieur consent enfin à se pousser. Je me pose, du bout des fesses, en me tendant pour me
faire oublier. Une seule question tourne dans ma tête, « Mais qu'est-ce que je fous là ? ». J'attends Anne désespérément ! A côté de Daniel, trône Constance. Constance est non seulement journaliste mais aussi
ravissante. Un « nègre en chemise » déboulé sous mon nez puis des fraises ainsi que d'autres douceurs. Exit les douceurs. Je n'ai pas déjeuné mais j'ai l'appétit coupé. Constance reçoit ses fraises que Daniel s'attarde à border de crème. Puis il suce les fraises de Constance (si j'ose dire). Il s'attaque ensuite à ses crêpes. Au premier coup de fourchette une crêpe vole. « Elles sont encore vivantes » affirme Daniel. « Tout le monde s'esclaffe... sauf moi ! Le garçon ne m'a pas oubliée et obséquieux, me livre un café. Tout en faisant de grands
gestes désespérés (je ne sais pas pourquoi, il nous annonce pompeusement qu'il va habiter une nouvelle maison à partir du mois de Janvier prochain. Avec qui... Peut-être Constance... ou avec moi - même... qui sait ?
L'heure tourne et mon devoir m'appelle mais je n'ose bouger car Daniel mime les drôles de messages que vous pourrez trouver sur son répondeur automatique (si toutefois vous arrivez à connaître son numéro de
téléphone). D'après Daniel lui-même, c'est complètement irrésistible ! Anne n'est toujours pas arrivée (que fait - elle donc ?). Il est trois heures et quart et l'homme de ma vie doit m'appeler au journal
d'ici quinze minutes. Je me lève dans l'indifférence générale. Daniel m'assure qu'il attendra Anne et la ramènera au bureau. Je rejoins mon auto (bianchi) et j'enclenche une cassette. Julien Clerc chante
« Ma préférence » pour moi toute seule. Je n'ai pas de Balavoine sous la main. Mais je me promets d'en demander une à son attachée de presse le plus rapidement possible.
Et si vos favs prenaient la plume et se racontaient ?
Bien évidemment ils diraient...leur carrière...leur joie...les grands moments de leur vie aussi.
Aujourd'hui : DANIEL BALAVOINE.
Mais j'ai emprunté sa plume. Pourtant, Daniel a choisi, par préférence affective, sentimentale, professionnelle, un ordre de classement QUE JE N'AI PAS RESPECTE. Saurez-tu retrouver l'ordre choisi par Daniel, pour les grands moments de sa vie ?
"LE LIVRE DE MA VIE"
LA SCENE CHAPITRE I
Pour Daniel, la scène est quelque chose de très important. Il a besoin de ce contact direct avec le public. On comprend qu'il fait toujours le maximum sur un plateau de TV, ou dans un studio d'enregistrement, il manque le côté magique de la scène. C'est un plaisir différent, où se mêlent peur et excitation qui procurent à l'artiste une envie de se dépasser.
Et puis, il y a l'autre face de la scène : le côté copain avec l'équipe, le travail, les répétitions, la fatigue, c'est vrai, mais aussi la, récompense d'un bon gala, un public content, étonné, debout, satisfait, qui crie et qui acclame. C'est fantastique !
« LE CHANTEUR » CHAPITRE II
« Le Chanteur » marque une étape importante dans la carrière de Daniel. C'est par cette chanson qu'il se
révéla au grand public. Il avait déjà enregistré deux albums avant « Le Chanteur », mais c'est sans doute par ce titre qu'il attira l'attention, puis par Starmania, qu'il jouait au côté de France Gall et Fabienne Thibault, entre autres, au Palais des Sports.
C'est vraiment à partir de ce moment que tout changea pour Daniel. Tout démarre vraiment : les TV,
les radios, Starmania fut une expérience !
L'AVENIR CHAPITRE III
Daniel conjugue le futur au présent, et c'est certainement une bonne chose.
Pour lui, ce qu'il y a de marrant dans l'avenir, c'est justement l'idée que l'on ne soit pas obligé de faire
après ce que l'on fait maintenant. Aujourd'hui, par exemple, la musique est sa vie. Le chant, la scène, etc... c'est bien, mais il a envie de faire autre chose. Du cinéma ? Pourquoi pas ? De la musique de film ? Pourquoi pas ? Écrire pour les autres ? Oui, c'est vrai qu'il l'a déjà fait pour Johnny. Mais considérer l'avenir comme une
suite logique du présent, pour Daniel, c'est dingue !
Il faut laisser au temps le soin de réaliser les choses qui sont enfouies, encore, au tréfonds de nous-mêmes.
L'OLYMPIA CHAPITRE IV
Tout comme « Le Chanteur », son Olympia marque un grand moment de sa vie d'artiste. Pourquoi ?
C'est vrai que l'on pourrait dire ça de tous les artistes, mais pour Daniel, c'est autre chose, parce qu'il fait
toujours quelque chose qui lui ressemble. Il aime intriguer, étonner, et son esprit créatif est sans cesse à la recherche de mouvements, de décors nouveaux, de quelque chose qui singularise. Il devait faire cet
Olympia ! Pour lui, bien sûr, mais aussi pour le public, un public qui grandit sans cesse, qui le suit, qui
l'aime. Un public qui a regretté un Olympia trop court. Mais... Chut ! Pour le moment. Il nous prépare
sans doute autre chose...
LE ROCK CHAPITRE V
Ah ! Ce rock ! C'est sans conteste le rock qui lui a donné l'idée autant que l'envie de chanter, d'écrire
de la musique. Depuis toujours, il n'y a eu que le rock pour le toucher, l'émouvoir. Si on lui demande un hit des styles de musique, c'est le rock qu'il place nettement en tête.
On dit toujours qu'il faut un déclic dans la vie pour faire ou décider de quelque chose : pour Daniel, ce
déclic s'appelle music-rock, et il y a de fortes chances pour que ça le reste toujours.
LA MUSIQUE CHAPITRE VI
On ne pouvait pas mieux faire le lien qu'en parlant immédiatement de la musique. Comment et pour-
quoi d'ailleurs, vouloir expliquer un amour, une passion, quelque chose que l'on sent vivre tout au
fond de soi ? Difficile non ? Pour lui, musique et « équilibre » sont en quelque sorte synonymes ou
du moins complémentaires. Ecrire une chanson c'est fantastique, parce qu'il ne peut garder longtemps en lui tout ce qu'il a envie de dire, envie de vivre. C'est dans la musique qu'il s'exprime le mieux, et il doit certainement avoir l'impression que quelque chose lui manque quand il n'écrit pas, quand il ne compose pas.
L'AMOUR CHAPITRE VII
L'amour est la chose qui fait partie de sa vie. L'amitié, les copains sont aussi importants que l'amour
des belles choses, des belles idées. Il accepte de rencontrer des gens, de discuter ; l'amitié se fait ou ne se fait pas, mais il est là. Ce n'est pas parler d'amour, pourquoi ? C'est d'aimer l'amour. Qui pourrait l'en blâmer ?
LA CHAUMIERE CHAPITRE VIII
Il parle de « la chaumière », pour dire son chez-soi, sa maison, son nid. Daniel dit toujours : « J'adore partir en tournée pour mieux me retrouver chez moi, et on le comprend. Et puis, pour lui, maison, nid, chaumière est une autre forme de création. Sais-tu qu'il a tout décidé pour sa maison, tout organisé ? Il est
de ceux qui aiment les choses bien faites, comme on devrait pouvoir le faire, pour mieux recevoir, et en
même temps vivre dans un cadre fait à son image, qui lui plaît. Pour lui, sa maison, c'est aussi la maison
des autres, l'endroit où ses copains aiment venir se retrouver.
SON PROJET CHAPITRE IX
Bon ! J'avoue ! Des projets, il en a plein le cœur et la tête ! Mais il y en a un particulièrement, qu'il prépare avec tout le soin que l'on reconnaît à Daniel : Le Palais des Sports du 8 au 13 Juin 82. Ah ! Oui ! Pour une grande nouvelle c'en est une ! Et quand on sait tout l'amour qu'il porte à chaque chose, toute sa rigoureuse fantaisie, tout ce qu'il est capable de faire sur scène (à commencer par nous étonner à chaque fois), ce
Palais des Sports marquera sûrement plus qu'une étape dans sa déjà grande carrière. Juin 82 c'est long
encore, mais en fait, pour préparer le spectacle qu'il veut nous donner, c'est peu. Un conseil : ne ratez
pas cette date : 8 au 13 Juin 82 !
A toi maintenant de retrouver l'ordre choisi par Daniel Balavoine pour « Le Livre de sa Vie ».