Hyperstar (1986)
Les cinq jours du Palais des sports ont été remplis. Balavoine, titrera un journal, est un chanteur à l'heure !
On peut dire qu'il ne laissera jamais l'actualité le devancer. Être à l'heure, c'est aussi faire des bilans, constater où en sont les choses en politique, les nouvelles mesures sociales, du gouvernement de François Mitterrand. On vient d'abolir la peine de mort. Les radios libres fourmillent partout en France. À Paris, l'explosion des ondes va être sans précédent. Mais dès le mois d'octobre, des dérogations font problème pour certaines radios. Mais les émissions continuent et on entend des nouvelles choses, des gens différents, une façon nouvelle d'aborder ce média.
Daniel Balavoine ne lésine pas sur le constat. Il éprouve un sentiment d'affection toujours aussi fort pour Mitterrand. Il le préfère à Defferre et à Fillioud. Il cite le discours que Mitterrand et Régis Debray ont fait à Cancun.
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Sa musique a pris un nouveau tournant et il a toujours la conscience de son époque.
Il veut que sa musique soit au diapason du temps, pouvoir chanter des choses graves sur des musiques dansantes, sans pour autant céder à la facilité. Son style est franc et direct. Quand on lui pose des questions concernant la notion de star de la chanson, il répond : « la conception de star a changé, il y en a beaucoup plus qu'avant. Des gens que je connais dans ce métier : Cabrel, Souchon, Julien Clerc, Michel Berger, France Gall, ne se soucient pas vraiment d'être eux-mêmes des stars. Ceux qu'ils désirent voir devenir des stars, ce sont leurs disques, leurs spectacles, leurs chansons, et ils préfèrent être derrière ce qu'ils font ».
Balavoine avait conscience de l'évolution du public. Et les artistes ont évolué avec lui. Ces dernières années, il y a eu un engouement très fort pour la nouvelle chanson française. Gainsbourg, Polnareff, Dutronc ont été chacun à leur manière des aiguillon géniaux !
On se rappelle aussi des débuts de Véronique Sanson lancée par Michel berger. Un nouveau climat était né. Cela donna des idées à toute une nouvelle génération de chanteurs et de chanteuses. Quand on cherche des influences à Balavoine, on peut évoquer Alain Chamfort qui a certes dessiné la voie à plus d'un. Mais il se plaisait à dire qu'il n'avait plus de complexes par rapport à la musique anglaise ou américaine. Tolérant et raisonné, il n'était pas un combattant farouche de la pseudo-invasion anglo-saxonne sur les ondes. C'était pour lui un excitant, une manière aussi de s'engager à faire mieux au point de vue technique. Il luttait pour l'identité française, pour une musique non-robotique. Lui-même, il ne savait pas comment définir sa musique si ce n'est par cette boutade : « une musique à l'heure ! ».
À l'exception des chansons qui sont comme des petites vignettes sur le temps, les problèmes sociaux, Daniel Balavoine a écrit des chansons d'amour. Soulève moi en est un bel exemple, dans son style.
« dis-moi combien
il faut que je te paye
pour m'inventer
une nuit de soleil
réponds-moi.
Les flics m'ont dit
que tu n'as pas ton pareil ».
«Oh soutiens-moi
porte-moi à bout de bras
faire l'amour ça sert à ça
soulève moi».
En outre, il déclare toujours qu'il est un chanteur de la crise. C'est un engagé sentimental, il le répétera sans cesse. « je suis un mec qui prêche devant des convertis… »
Il allait bien plus loin avec son lyrisme car c'était le sentiment qui parlait en lui. Il était pleinement ouvert aux contradictions des médias ; il savait à sa manière s'en servir. Certains voyaient en lui un Don Quichotte de la chanson, ou un caméléon…
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Balavoine, journaliste de radio.
Encore un éclat !
Daniel Balavoine va devenir l'espace de quelques semaines journaliste à la radio 95,2.
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Cher confrère… C'est ainsi que la radio avait lancé Balavoine en tant que journaliste pour une émission magazine à 18:30. Balavoine rédigeait des éditoriaux, commentait à chaud l'actualité avec le style qu'on lui connaît. Il le faisait à titre bénévole pour soutenir la station. Il arrivait à 14:00 pour faire sa revue de presse avant d'enregistrer ses chroniques. Il le faisait parce que la station n'avait pas trouvé de journalistes pour réaliser une telle émission. Il a eu ses coups de colère comme on peut s'en douter ! Pour ceux qui ne l'auraient jamais entendu, cela tournait aux insultes, certaines fois.
Certains journalistes de presse ne l'ont pas raté. Tantôt ils évoquaient une démarche publicitaire parce qu'il sortait un nouveau disque, tantôt ils trouvaient ses propos assez lénifiants. C'était en octobre 1983. Il venait de faire son premier rallye Paris-Dakar.
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Il y avait chez lui comme un instinct pour le changement. Il ne supportait pas le ronron du showbiz. Il s'était donné pour but de rompre avec la farandole du cirque, des mythologies qui couraient dans le métier de chanteur de variétés. Il ne désirait pas appartenir à ce nombre illimité de clichés qui ont fait les vertes années du « yé-yé». Les hommes d'affaires-Pygmalion ne grouillent plus… Les amateurs sont balayés par le système. Et depuis longtemps, on ne parle plus que de professionnalisme et d'artistes qui ont une carrière devant eux. La chanson française est en pleine mutation. Et ceux qui la pratiquent doivent s'adapter aux exigences des nouvelles technologies, des nouveaux supports (les clips , par exemple, et bientôt les télés câblées), et d'une recherche nouvelle d'une image de marque. Ces dernières années, on a vu arriver les sponsors de diverses sortes pour promotionner des concerts et des spectacles. Les radios se sont associées à des retransmissions en échange de publicité sur l'affichage, etc. Contrecoup de la crise ? Un marché du disque au ralenti ? Il n'empêche que de nos jours les artistes (plus nombreux) ont besoin de nouveaux moyens de publicité, pour se faire connaître.
Daniel Balavoine continue en 1983 son combat en faveur des populations du tiers-monde. Il réalise un disque Loin des yeux de l'Occident où figure sa fameuse chanson : « la femme veuve qui s'éveille ».
« Loin des yeux de l'Occident » : sa lutte pour le tiers-monde.
Le clip vidéo a été réalisé en Afrique. Il a reçu le Prix Diamant de la chanson française pour cette chanson. Balavoine était aussi contre le racisme. À la deuxième fête des potes il avait reçu une main ouverte, une récompense de SOS-Racisme, pour s'être investi dans cette campagne.
Il avait déjà attrapé le virus de l'Afrique.
Il ne voulait pas courir cette année dans le rallye. Il avait une autre idée : lutter contre la famine. Le concert organisé par Bob Geldof à Wembley pour l'Éthiopie lui mit la puce à l'oreille.
Les Français avaient aussi suivi le mouvement avec Tam-tam pour l'Éthiopie, et plus tard avec Chanteur sans frontières, à l'exclusion de Daniel Balavoine.
L'été 1985 passe. Les Français mettaient à leur programme humanitaire un concert pour l'Éthiopie. On sait que le succès ne fut pas à la mesure des prévisions, ni comparable au concert du Band Aid en Angleterre.
Il fallait réfléchir. Et Daniel Balavoine se met en contact avec un journaliste pour une nouvelle démarche humanitaire, efficace en tous points.
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Au moment où germe en lui cette nouvelle idée, à la suite de l'exemple des Anglais, Daniel Balavoine s'enferme pour écrire quelques chansons.
« Un enfant assis attend la pluie ».
Les thèmes seront la sécheresse en Éthiopie, la famine, le racisme, le métissage… Il explore à sa manière et livre un dernier constat sur la planète qui ne cesse de bouillir dans ses contradictions. Il ne fait plus d'esclandres à la télé ni à la radio. Il réfléchit avant de réaliser sa prochaine action.
Son nouveau disque Sauver l'amour paraît à la fin de l'année 1985. La chanson qui grimpera au hit-parade s'appelle : l'Aziza.
« petite rue de Casbah
au milieu de Casa
petite brune enroulée d'un drap
court autour de moi
ses yeux remplis de pourquoi
cherchent une réponse en moi
elle veut vraiment que rien ne soit sûr
dans tout ce qu'elle croit
ta couleur et tes mots tout me va
que tu vives ici ou là-bas
danse avec moi
si tu crois que ta vie est là
ce n'est pas un problème pour moi
l'Aziza »
Dès les premières mesures, on est emporté par le thème, le rythme et ses phrases bien senties par Daniel. Ça sort du cœur, des tripes, on devine qu'il est tout spécialement concerné.
Dans ce dernier disque, Daniel Balavoine s'est diversifié et a ajouté à sa palette, déjà étendue, des thèmes comme la douleur, la peur, le besoin d'amour entre les peuples, la solitude, le doute et bien sûr, la sécheresse en Érythrée dans la chanson : « Un enfant ainsi attend la pluie ».
« Je m'emporte pour ce qui m'importe ».
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Balavoine a su trouver des images qui ne sont pas celles qu'il a toujours dénoncées, employées par ceux qui trafiquent avec les larmes et le drame pour s'attirer des clients !
C'est avec finesse et une grande pudeur qu'il chante : « l'enfant séché sur le sol d'Érythrée/les traits tirés/tire un trait/sur cette terre aride et ridée/dont il a hérité », plus loin : « je sais que quelque part/Un enfant assis/attend la pluie ».
On sent dans ses nouveaux textes que Daniel s'est assagi, a élargi son horizon.
Il parle de choses très sérieuses avec des mots choisis, sans qu'il ait besoin d'ajouter des colères. Il venait de s'engager à titre très personnel avec son Pari du cœur pour venir en aide à la faim dans le monde.
Il s'était associé avec le groupement Action école pour sensibiliser les enfants et les adolescents. Sous la houlette d'un journaliste, Lionel Rotcage, représentant l'équivalent de Band Aid en Angleterre, Daniel Balavoine devait partir une huitaine de jours sur le Paris-Dakar, non pour participer à la course, mais pour s'occuper des pompes à eau (une centaine) véhiculées par camions, pour les pays sahéliens. C'est à la suite du concert pour l'Éthiopie donné à la Courneuve en octobre et de son maigre résultat que Daniel décide d'être concret, efficace et de suivre une opération humanitaire jusqu'au bout.
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Il ne voulait pas de publicité autour de son nom, ni autour de son nouveau disque qui venait de sortir. On le sait, maintenant : il avait indiqué que la vente et les droits d'auteur de la chanson « Un enfant assis attend la pluie » seraient versés pour cette opération en Afrique.
Cela se chiffrera aux alentours de 400 000 fr. Daniel Balavoine avait demandé aussi de laisser les camions sur place en Afrique après avoir livré les pompes à eau. Il a fallu convaincre les sponsors et il remporta une nouvelle bataille.
Dans cette accès de dévouement pour l'Afrique, le même journaliste lui avait demandé de réaliser des reportages sur son expédition en collaboration avec Europe 1, dans l'objectif de sensibiliser les jeunes de l'Action école aux problèmes africains.
Il devait rapporter ces cassettes qui devaient être ensuite diffusées sur une centaine de radios FM dans toute la France. Cette opération médiatique devait commencer dans la semaine du 20 janvier 1986. On connaîtra sans doute un échantillon de ces bandes que Daniel Balavoine a enregistrées, les derniers jours qui ont précédé son accident tragique.
Dans cette opération, il avait demandé l'aide de ses amis Michel Berger et France Gall. Il ne fut pas facile de les convaincre de travailler avec le journaliste en question. Ce dernier se confiera au journal Libération. Michel Berger a rencontré jeudi soir (le 16) Lionel Rotcage pour faire le point. Daniel Balavoine a toujours eu des difficultés avec la presse rock 'en général ; il n'appartenait pas vraiment à ce clan très prisé des journalistes spécialisés qui font et défont les réputations au quart de tour ! Mais Daniel Balavoine avait son public et c'était sa grande récompense.
Des projets encore...
Daniel Balavoine avait participé ces derniers temps (au mois de novembre) au Forum des Radios Libres organisé par Paris-Match. Il avait le projet d'enregistrer un disque en Angleterre, un produit purement anglo-saxon, qui devait paraître en 1987.
On se souvient peut-être encore d'une rencontre avec un groupe international ABBA, et avec, notamment, la chanteuse Frida (Anny Friedlindstad). Elle avait enregistré des chansons de Balavoine : « The Face » en 1984, sur l'album Shine (publié par Vogues-Disques). Balavoine voulait prouver une fois de plus que la chanson française était de qualité et pouvait susciter de la part des artistes étrangers un engouement. Les mélodies de Balavoine ont attiré l'oreille de la chanteuse d'ABBA. Elle chantera aussi en duo avec lui sur l'album Abbacadabra (WEA). On se souvient aussi qu'Alain Chamfort avait été repris par deux artistes américains ces dernières années. Manhattan Transfert et Sergio Mendes avaient enregistré deux chansons de lui : Chasseur d'ivoire et Malaise en Malaisie.
On ne sait pas ce qu'aurait donné cet album de Balavoine qu'il avait prévu de réaliser pour les Anglo-Saxons.
Un personnage sincère et dévoué.
Sensible à l'initiative de Coluche en faveur des problèmes de la société française, il fera un don de 100 000 francs pour les Restaurants du cœur.
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Quand Coluche lance son idée des Restaurants du cœur, plusieurs artistes d'opinions diverses donnent un chèque pour cette opération. Ils sont nombreux à se manifester : Michel Sardou, Rika Zaraï, Gérard Lanvin, Yves Montand et Daniel Balavoine. La liste n'est pas complète, elle s'allonge au fil des jours. Cette opération lancée par Coluche le 20 décembre 1985 a conquis les personnes qui étaient en difficulté. Cette génération des potes – comme on dit – fait écho aux organisations pour la défense des droits de l'homme, à Amnesty International, Médecins sans frontières, à SOS-Racisme et à son fameux slogan : Touche pas à mon pote de Harlem Désir.
Tout comme Coluche, Daniel Balavoine a critiqué le langage indolore des politiciens éloignés des réalités, les discours idéologiques agrémentés à la sauce des partis et des affrontements d'intérêts et du militantisme sans efficacité réelle et pratique !
Quand on demandait ces dernières semaines à Balavoine s'il faisait passer des messages dans ses chansons, il répondait comme à l'accoutumée : « j'ai besoin d'exprimer les sentiments qui sont en moi. Je fais de la politique sentimentale ». Il n'était pas l'homme d'un seul message ni d'une seule idée.
Il avait le besoin urgent d'intervenir sur tous les fronts des problèmes de société.
Il se préoccupait de la délinquance, du terrorisme. Il s'énervait quand il sentait de l'indifférence autour de lui pour les problèmes d'ordre international. Il avait gardé son cœur pour la gauche. Il avait de la sympathie pour Mitterrand, et Mitterrand seul.
Il reprochait aux adultes l'impuissance. C'est pour cette raison qu'il se tournait vers les enfants. Sa chanson Petite Angèle, dans son dernier album. Sauver l'amour, est une attention toute particulière à ce monde de l'enfance, prêt à réagir spontanément.
« il faut vraiment que je dise
à Angèle
c'est la révolution
que tous les mômes foutent en
l'air les poubelles de la région.
Daniel Balavoine se souvient de son adolescence. Certains fans se rappellent encore ses premiers disques quand il chantait. Les enfants du ciel dans son premier album avec le groupe présence (Music Évolution). Daniel Balavoine voulait faire prendre conscience de ce qu'il nommait l'instinct de vie avant qu'il ne devienne l'instinct de survie.
Quand on le questionnait sur le racisme, il précisait ses positions : « on ne peut pas faire croire aux gens qu'on pourrait mélanger les races sont il y ait le moindre problème.
Or, ce qui fait la beauté des races, c'est leur différence. Il y a un énorme fossé entre les races, mais il faut apprendre à le franchir.
J'aime les Arabes, ce sont des gens fantastiques qui ont souvent bien plus de dignité que ceux qui en parlent d'une façon écoeurante ». C'est ce qu'il confiait au cours du forum des radios libres de Paris-Match, au mois de novembre 1985. Quant à sa vie privée, il était extrêmement pudique. Sa femme est juive marocaine et quand il entendait certains propos racistes, il s'exclamait: « j'ai peur qu'on m'enlève ma femme ! J'ai un garçon de 16 mois (Jérémie) et si tout va bien j'aurais bientôt un deuxième enfant ».
Il avait écrit l'Aziza tout spécialement pour sa femme Corinne. Il réalisa une vidéo superbe pour ce titre. Et le succès vint encore confirmer l'engouement que le public lui portait. Quelques jours avant sa mort, les immigrés s'étaient reconnus dans cette chanson. Ils la fredonnaient, c'était devenu un « tube ».
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Le public lui rend un dernier hommage.
Vendredi 17, les corps des victimes ont été rapatriés en France. Les journées du samedi et du dimanche ont été consacrées à veiller et à rendre un dernier hommage à Daniel Balavoine, au funérarium de Suresnes-Nanterre. Il y eut plus de 6000 personnes. Parmi ses amis et personnalités, on pouvait voir le chanteur anglais Bob Geldof, Michel Drucker, Michel Berger, France Gall, Richard Berry, Pascale Rocard, Jean-Jacques Goldman… quand le funérarium ferma ses portes à 17:30, la foule était encore nombreuse, essayant d'approcher une dernière fois la dépouille du disparu.
Les obsèques ont été célébrées à Biarritz en l'église Sainte Eugénie. C'est à Biarritz que Daniel Balavoine se retirait pour faire le vide après une tournée, en compagnie de sa femme Corinne et de son fils Jérémie.
Daniel Balavoine, le chanteur, restera dans le grand livre de la musique populaire de France. Mais il restera aussi comme celui qui a su dire ses quatre vérités aux hommes politiques, à ses pourfendeurs, à ceux qui contestaient son activisme débordant. Il avait une voix-celle du chanteur-qui mettait en relief des mélodies et des mots, mais il avait aussi une voix, « une grande gueule » qui s'élevait pour dénoncer les injustices sociales, les misères dans le monde entier.
Les jeunes se reconnaissaient dans ce personnage au visage d'éternel adolescent. Ils avaient une sympathie pour ses prises de position tapageuse, son culot, son irrespect fondamental pour les institutions stagnantes.
Il s'était rangé du côté des aventuriers : ceux qui entreprenaient le Paris-Dakar, aux côtés de Sabine. Il adorait les bagnoles, la course ; il participa à deux Paris-Dakar. Il était devenu en l'espace de quelques minutes, le 16 mars 1980, sur Antenne 2 avec Mitterrand, un chanteur à idées. Il s'était emporté pour la bonne cause. Et sa dernière action a rompu son : « Pari du cœur ».
Son destin restera dans notre mémoire.